ALOGIS Services SAS : « Les squatters menacent l’économie nationale » (Me Marlène Essola)

A la faveur d’une conférence de presse, vendredi à Port-Gentil (littoral sud), le Conseil de la société Alogis Services SAS, Marlène Fabienne Essola Efountame, a dénoncé la prise en otage de cette entreprise par des anciens employés de la société Satram. Une situation qu’elle assimile à une « insécurité juridique » et qualifie de « déni de justice », susceptible de menacer l’activité économique nationale ; ce d’autant plus que l’entreprise prise en otage serait désormais dans l’incapacité d’honorer certains de ses engagements contractuels, notamment avec la Société gabonaise de raffinage (Sogara). Ce qui pourrait avoir des répercussions sur l’approvisionnement du pays en carburant et en gaz, a-t-elle prévenu.

Selon l’avocate, l’outil de production de l’entreprise serait occupé depuis plusieurs jours par des individus se présentant comme d’anciens salariés de la société Satram. Ces derniers auraient pris possession de la base logistique de la société, empêchant ainsi Alogis d’exercer normalement ses activités.

« Au moment où je vous parle, la base logistique d’Alogis est devenue une zone de non-droit à Port-Gentil. Des individus, qui ont avoué devant le procureur avoir détruit des biens et violé des propriétés, y font la cuisine, y allument des feux et séquestrent nos employés », a déclaré Me Essola Efountame.

Elle affirme que la situation perdure malgré plusieurs décisions judiciaires favorables à son client, évoquant notamment un sursis à exécution accordé par la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA), juridiction suprême de l’espace OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires).

Une Décision qui aurait été notifiée aux autorités compétentes, selon Me Marlène Fabienne Essola Efountame qui déplore malgré tout, l’absence d’intervention des autorités judiciaires pour mettre fin à l’occupation du site.

« Nous ne sommes plus dans un débat de droit, mais dans un déni de justice. Quand le parquet répond ne pas voir d’urgence alors que des hommes ont été séquestrés et que l’activité économique est paralysée, c’est l’État de droit qui est menacé. Faut-il qu’un Commandant de bord soit tué pour que la justice s’éveille ? Faut-il que le Gabon entier tombe en panne de carburant et de gaz parce que la barge d’eau douce destinée à approvisionner la Sogara est prise en otage ? », s’est-elle interrogée pour s’indigner.

Tout en reconnaissant la détresse sociale de certains anciens salariés de la Satram, l’avocate estime que celle-ci ne saurait justifier l’occupation d’un site privé appartenant à une entreprise distincte. « On ne paie pas une dette sociale par la spoliation d’une entreprise privée autonome. On ne restaure pas les institutions en laissant des milices se faire justice elles-mêmes », a-t-elle martelé.

Face à cette situation, Me Marlène Fabienne Essola Efountame a interpellé publiquement les autorités judiciaires, notamment le Procureur de la République près le Tribunal de Port-Gentil, ainsi que le ministre de la Justice et exige une intervention urgente pour rétablir l’autorité de l’État.

Elle a également lancé un appel au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, afin que des mesures soient prises pour garantir la protection des investissements et permettre la reprise normale des activités de l’entreprise.

Elliott Ana Merveille et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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