Sylvia Bongo accusée de “comédie” : Bertrand Zibi Abeghe en contre attaque

Invité de l’émission Tête-à-tête sur France 24, l’ancien député gabonais Bertrand Zibi Abeghe, aujourd’hui conseiller stratégique de l’Union des bâtisseurs fondée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a vivement réagi aux accusations de séquestration et de torture formulées par l’ex-Première dame Sylvia Bongo Ondimba. L’ancien opposant au régime de Ali Bongo Ondimba a dénoncé ce qu’il qualifie de « comédie », tout en livrant un témoignage détaillé sur les sévices qu’il affirme avoir subis durant ses six années d’emprisonnement.

Ancien député et figure de l’opposition incarcéré entre 2016 et 2022, Bertrand Zibi n’a pas mâché ses mots à propos des accusations portées par Sylvia Bongo Ondimba contre le pouvoir actuel. Selon lui, les déclarations de l’ex-Première dame, qui affirme avoir été séquestrée et dont le fils Noureddine Bongo Valentin aurait subi des sévices, relèvent de la mise en scène.

« C’est de la comédie, mais d’une très mauvaise facture », a-t-il lancé, accusant l’ancienne influente épouse du chef de l’État déchu d’avoir « tellement fait de mal à notre pays ». L’ancien député a également évoqué la gestion du pouvoir durant la maladie d’Ali Bongo Ondimba, affirmant que l’accès au président avait été interdit à sa propre famille.

Revenant ensuite sur son propre parcours carcéral, l’ex-opposant a livré un récit particulièrement sombre de sa détention. Arrêté après la présidentielle contestée de 2016, il affirme avoir été soumis à des traitements inhumains. « Je suis emmené dans une fosse septique, immergé presque jusqu’au cou pendant trois jours », a-t-il raconté. Selon lui, il a ensuite été placé dans un quartier disciplinaire de la prison centrale de Libreville où « en moins de quinze minutes, vous dégoulinez comme si on vous avait versé un seau d’eau ».

Il dit y avoir perdu « 50 à 60 % de son acuité visuelle » avant d’être transféré dans un autre quartier qu’il décrit comme réservé aux malades mentaux, où il affirme avoir passé plus de quatre ans.

Dans son témoignage, Bertrand Zibi assure que plusieurs détenus auraient également subi des violences graves. Il cite notamment le syndicaliste Jean‑Rémi Yama, ainsi que l’ancien directeur de cabinet Brice Laccruche Alihanga. « J’ai été torturé au point où j’ai fait trois comas différents », a-t-il déclaré, affirmant que les ordres provenaient directement de Ali Bongo Ondimba.

Évoquant les événements du 31 août 2016 à Libreville, il a aussi affirmé avoir vu « des dizaines et des dizaines de morts » lors du bombardement du QG de l’opposition, un bilan qu’il estime à « au minimum 100 morts ».

L’ancien député affirme aujourd’hui que la vérité sur ces événements finira par émerger. Il évoque notamment une enquête du magazine Marianne et l’existence de documents conservés au Quai d’Orsay relatifs aux violences post-électorales de 2016.

Après sa libération, il dit avoir porté ce dossier auprès de plusieurs institutions internationales, dont Amnesty International, l’Union européenne et l’Organisation des Nations unies, ainsi qu’auprès de personnalités françaises telles que Robert Bourgi et l’ancien président Nicolas Sarkozy. Pour Bertrand Zibi Abeghe, la clarification des événements du 31 août 2016 reste une étape essentielle pour solder le passé politique récent du Gabon.

Nkili Akieme

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