Violences post-électorales de 2016 au Gabon : l’UE ne lâche pas la pression

Dans le cadre de la poursuite du dialogue politique intensifié entre le Gabon et l’Union européenne, l’Ambassadrice de l’Union européenne (UE) au Gabon, Rosario Bento Pais a eu un entretien de haut niveau le 18 décembre dernier au cours duquel elle a discuté avec les autorités gabonaises de tous les sujets notamment les détentions provisoires qui dépassent les délais légaux et les réparations en faveur des victimes des violences post-électorales de 2016.

Selon le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, le Gabon a « informé la partie européenne de la création le 24 novembre 2020 d’une commission ad’hoc chargée d’examiner la régularisation des détentions particulièrement les détentions provisoires en dépassement des délais légaux ».


Concernant les victimes des violences post-électorales de 2016, les deux parties ont souligné « l’importance des réparations dans un esprit d’apaisement ».

Cependant, « La partie gabonaise a souligné qu’elle n’avait à ce stade connaissance d’aucune enquête judiciaire ou administrative ouverte concernant ces faits. Elle a assuré que si des informations étaient apportées, ou si les victimes présumées ou leurs familles déposaient des plaintes, elles seraient traitées en droit », précise le communiqué lu par Mme Bento Pais.

« La partie européenne, en a pris acte tout en soulignant l’intérêt d’établir par ailleurs une procédure informelle qui permettrait de recevoir et de traiter les dossiers de potentielles victimes ou de leur famille en vue d’éventuelles réparations des dommages par exemple, médiateur, Commission ad’hoc, CNDH (Conseil national des droits de l’homme, ndlr) », annonce le texte.

Le rapport ne rappelle pas le bilan des violences post-électorales de 2016. Le pouvoir et l’opposition ont toujours évoqué des chiffres discordants. Le pouvoir a reconnu 4 victimes dont des agents des forces de l’ordre. L’opposition et la société civile ont parlé des centaines des victimes tombées suite à un assaut militaire au QG de Jean Ping, challenger du président sortant Ali Bongo Ondimba.

On rappelle que la rencontre du 18 décembre 2020 a regroupé Denise Mekamne Taty (ministre chargée des relations avec les institutions, Pacôme Moubelet Boubeya (ministre des affaires étrangères), Lambert  Noël Matha (ministre de l’Intérieur), Anicet Edgard Mboumbou Miyakou (ministre de la Communication), Michaël Moussa Adamo (Ministre de la Défense) et Yolande Nyonda (ministre Déléguée aux Affaires étrangères).

« L’entretien a permis d’achever le cycle ouvert du dialogue politique intensifié entre le Gabon et l’Union européenne », poursuit le communiqué qui indique que les participants ont pris connaissance à l’occasion du « rapport final du Groupe de travail du dialogue politique intensifié mis en place le 16 décembre 2019 ».

Les relations entre le Gabon et l’UE s’étaient refroidies au lendemain de l’élection présidentielle gabonaise de 2016. Libreville avait contesté les conclusions du rapport des observateurs de l’UE et de certaines prises de positions de ses membres jugés trop proches de l’opposition.

L’apaisement est intervenu entre les deux parties après la mise en place du Groupe de travail du dialogue politique intensifié le 16 décembre 2019.

Camille Boussoughou


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