Très attendues par les paysans, les assises sur le conflit homme-éléphant ont démarré à Libreville

Les assises nationales sur la gestion du conflit Homme-éléphant ont démarré ce 15 décembre et dureront jusqu’au vendredi 17 décembre 2021 au Ministère des Eaux et forêts sis au boulevard Triomphal. L’objectif de ces sessions est de trouver des solutions efficientes et pragmatiques aux ravages provoqués par ces pachydermes sans oublier les pertes en vies humaines.

« Les conflits Homme-Faune et tout particulièrement Homme-Eléphant constituent une problématique technique, sociale et économique car ils mettent à mal la sécurité physique et alimentaire ainsi que la paix sociale des populations rurales dans une grande partie du territoire national », a reconnu Lee White, Ministre gabonais des Eaux et Forêts.


« Il faut passer à l’action », a -t-il lancé s’adressant aux 120 délégués venus des 9 provinces du Gabon ainsi que de l’étranger.

« J’ai décidé de venir à ces assises parce que nous souffrons. Le problème Homme et Faune est un problème épineux. Eux dans les bureaux ne savent pas ce que nous subissons dans les villages. Je suis allée faire mes plantations pour assurer ma retraite et celle de mon mari, si je laisse mon époux, mes enfants et petit- enfants c’est parce que mes cultures me tiennent à cœur. Moi-même j’ai risqué 3 fois la vie à cause des éléphants », a marmonné, les larmes aux yeux Françoise Ekomie Nzoghe, venue du Moyen-Ogooué (centre du Gabon). Présidente d’une ONG, elle est aussi chef de regroupement de village dans le Canton Bine.

« Je vous invite aussi à orienter vos réflexions vers l’action future en apportant de manière consensuelle des réponses idoines à un phénomène dont l’ampleur et la récurrence inquiètent chaque jour », a déclaré la Première ministre gabonaise, Rose Christiane Ossouka Raponda dans son discours d’ouverture des assises.

La Première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda à l’ouverture des travaux © DR

Selon des statistiques du ministère gabonais des Eaux et forêts, de 2016 à ce jour 11 959 plaintes écrites et de nombreuses autres orales, relatives à la destruction des cultures vivrières, consécutives à l’action des éléphants ont été enregistrés dans le pays.

« Durant trois jours, vous êtes appelés à examiner la question de manière approfondie, proposer une stratégie, définir un plan d’action et une feuille de route à court, moyen et long terme », a urgé Mmme Ossouka Raponda. « Il vous revient aussi d’envisager des solutions techniques pertinentes et innovantes visant à atténuer ce conflit et ses impacts économiques, sociaux et humains », a-t-elle poursuivi.

« Le gouvernement les examinera minutieusement et les mettra en œuvre avec détermination », s’est-elle engagée.

On rappelle que du 14 au 30 juillet 2021, le ministère des Eaux et Forêts a réalisé une tournée nationale pour recueillir les doléances des populations rurales. Ce sont ces doléances qui serviront de feuille de route durant les travaux.

Les assises prennent fin le 17 décembre par l’adoption de la stratégie nationale budgétisé de la lutte contre les ravages des plantations par les éléphants mais aussi la protection de ces animaux menacés de disparition.

Irina-Coretta Abang Obame


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