La réforme de la Constitution du Cameroun visant à créer le poste de vice-président de la République a été approuvée samedi par le Parlement réuni en congrès à Yaoundé, a constaté un journaliste de l’AFP.
Selon cette réforme, adoptée par 205 voix pour (il y en a eu 16 contre), le vice-président sera nommé par le président de la République et aura la charge de diriger le pays en cas de vacance du pouvoir, alors que le président Paul Biya, à la tête du pays depuis 1982 et doyen des chefs d’Etat dans le monde, est âgé de 93 ans.
Son élection à un huitième mandat avec 53,66% des voix en octobre avait donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang dans plusieurs grandes villes – le gouvernement reconnaissant « plusieurs dizaines » de morts sans fournir de bilan exact.
Son principal opposant Issa Tchiroma Bakary, en exil en Gambie, qui avait revendiqué la victoire à la présidentielle et continue de se présenter comme le « président légitime », a qualifié cette réforme de « violation des principes démocratiques » et de « dérive monarchique du pouvoir illégitime », vendredi sur Facebook.
L’opposant Maurice Kamto a dénoncé de son côté un « coup d’Etat institutionnel et constitutionnel », dans une vidéo publiée sur le même réseau social.
La création de ce poste de vice-président s’inscrit dans un mouvement de recomposition des institutions: mi-mars, les présidents des deux chambres du Parlement ont été remplacés.
Aboubakary Abdoulaye, 64 ans, a ainsi été élu à l’unanimité pour prendre la place de Marcel Niat Njifenji à la tête du Sénat. Cavaye Yéguié Djibril, 86 ans, président de l’Assemblée nationale depuis 34 ans, a lui été remplacé par Théodore Datouo, un député de 66 ans de la région de l’Ouest.
Les attributions et compétences attachées à ce nouveau poste de vice-président ne sont pas précisées par le texte approuvé par les parlementaires.
AFP
