Les burkinabè veulent une femme pour diriger la transition

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Plusieurs burkinabè présents au meeting de l’opposition ce dimanche à Ouagadougou pour demander que le pouvoir militaire dirigé par le lieutenant-colonel Isaac Zida quitte le pouvoir ont scandé le nom de Saran Sérémé comme présidente de la Transition.

Saran Sérémé
Saran Sérémé

C’est aux environs de 10h que la délégation du chef de file de l’Opposition politique, composée de Saran Sérémé, de Me Bénéwendé Sankara, de Tahirou Barry, de Michel Tiendrébéogo et de Jean Hubert Bazié est arrivée à la place de la nation. C’est M. Bazié qui s’adresse d’abord à la foule après avoir demandé une minute de silence en la mémoire de tous ceux qui sont tombés lors des manifestations du 30 octobre dernier.


Puis après, il explique à la foule qu’ils sont venus pour leur annoncer que l’opposition « réaffirme la nécessité d’une transition consensuelle qui prenne en compte toutes les composantes des forces vives de la nation ». Après avoir remercié les uns et les autres pour l’esprit de sacrifice dont ils ont fait montre au cours des derniers 72 heures, Jean Hubert Bazié leur demande de rentrer tranquillement chez eux. Il n’en fallait pas plus pour remonter les manifestants.
« On ne bougera pas. On ne veut pas de l’armée au pouvoir et nous n’allons pas rentrer tant que le colonel Zida est toujours au pouvoir ». La foule, qui avait laissé une distance d’environ 15 mètres avec les animateurs du meeting, se rapproche et prend d’assaut ce qui servait de podium. Chacun veut parler.
Sara Sérémé, une des leaders de l’opposition, prend le micro. Elle harangue la foule à travers des slogans.

Puis annonce qu’il faut bien que le lieutenant-colonel Zida démissionne pour remettre le pouvoir aux civils. « Nous ne sommes pas contre les militaires. Ce sont nos frères et sœurs. Mais il faut qu’ils restituent le pouvoir au peuple, aux civils », clame t-elle.

A la suite de madame Sérémé, Me Bénéwendé Sankara martèle que « nous ne bougerons pas d’ici tant que le pouvoir n’est pas remis au peuple. Nous n’accepterons pas qu’on nous vole la victoire du peuple », dit-il. La cacophonie s’installe. Les leaders de l’opposition se retirent pour, disent-ils, se concerter…

Dans la foule, quelqu’un lâche que si les hommes politiques sont incapables de prendre le pouvoir que le peuple a arraché de haute lutte entre les mains de l’ancien président Compaoré, alors qu’on le remette aux dames, notamment à Saran Sérémé. La foule commence alors à réclamer Saran Sérémé à Kosyam. Des jeunes en liesse accompagnent donc la présidente du PDC à la télévision nationale pour qu’elle fasse une déclaration. Elle est conduite jusque dans les studios de la télévision. Mais de déclaration, il n’y en aura pas. Les militaires sont entre temps intervenus.

Des tirs d’rames automatiques ont retenti. Et la foule s’est dispersée.


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