« Le Seigneur n’oublie pas ses enfants » : Rappelle Joël Ngoueneni Ndzengouma à Alain-Claude Bilie-By-Nze

Dans une lettre ouverte publiée ce dimanche, Joël Ngoueneni Ndzengouma, président du 7MP, dit avoir consacré ses intentions de prières en faveur de l’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie By Nze incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis la mi-avril 2026.

Joël Ngoueneni Ndzengouma raconte avoir vécu ce dimanche matin dans « la joie du Seigneur » pendant la prédication du pasteur. L’idée lui est alors venue de contacter, après le culte, Lionel Ella Engonga, de l’association SOS Prisonnier, afin d’organiser une visite à la prison centrale.

À la fin du service, le pasteur l’a invité à prier pour les autorités et les malades. Il a alors évoqué le président Brice Clotaire Oligui Nguema, Hermann Immongault et Laurence Ndong, puis les personnes en difficulté, au premier rang desquelles Alain-Claude Bilie-By-Nze. Il a demandé que le Seigneur « se souvienne de lui » et agisse en sa faveur.

Le président du 7MP rappelle ensuite une précédente lettre ouverte, adressée à Alain-Claude Bilie-By-Nze lors de sa nomination au poste de Premier ministre. Certains y avaient vu une démarche intéressée ; selon lui, les faits ont montré le contraire. Son combat, affirme-t-il, est resté le même : plaider pour un système démocratique fondé sur la justice, la paix et la joie, à l’image du Royaume annoncé dans l’Évangile (Matthieu 25:34-40 ; Romains 14:17).

Joël Ngoueneni Ndzengouma revient sur leurs trajectoires croisées. En février 2023, lors du dialogue entre la Majorité et l’Opposition, puis au sein du Comité de suivi présidé par son destinataire et dont il fut rapporteur adjoint, ses positions avaient permis à l’ancien Premier ministre de mesurer son idéal politique. Leurs chemins se sont ensuite séparés : l’un a fait campagne pour Ali Bongo, l’autre a plaidé pour la mise en place d’une transition. Depuis le coup de la Libération, l’ancien chef du gouvernement est devenu opposant, tandis que l’auteur met ses propositions à la disposition du président Oligui Nguema et de son gouvernement.

Malgré ces divergences, il dit rester convaincu qu’un « édifice nouveau » reste possible pour le Gabon, et fait sienne la parole adressée au prophète Habacuc : si la prophétie tarde, il faut l’attendre, car elle s’accomplira (Habacuc 2:1-3).

Le message du dimanche : Dieu n’oublie pas

Le cœur de la lettre est un message de consolation. Joël Ngoueneni Ndzengouma assure que Dieu n’oublie pas ses enfants, y compris celui qui est aujourd’hui derrière les barreaux. Il s’appuie sur plusieurs passages bibliques : Hébreux 6:10 (Dieu n’est pas injuste au point d’oublier le travail et l’amour de ses serviteurs), Apocalypse 2:2 (Dieu connaît les œuvres, le travail et la persévérance), 2 Timothée 2:13 (Dieu reste fidèle, même quand l’homme devient infidèle) et Lamentations 3:22-26, qui rappelle que les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées et que ses compassions se renouvellent chaque matin.

L’auteur invite aussi son destinataire à méditer deux pensées. La première est de l’écrivaine palestinienne Sahar Khalifa : seul le corps peut aller en prison, l’esprit ne peut être prisonnier. La seconde est du pasteur Martin Luther King Jr. : il faut accepter les déceptions passagères, mais conserver l’espoir pour l’éternité.

Une espérance qui ne trompe pas

En conclusion, Joël Ngoueneni Ndzengouma s’adresse à tous les frères et sœurs en Christ qui souffrent : le Seigneur reste leur espérance, et « l’espérance ne trompe pas ». Il rappelle la certitude de Job que son Rédempteur est vivant et qu’il se lèvera le dernier (Job 19:25). Il signe : « ton frère qui est resté vrai, juste et sincère, comme tu l’as toujours connu ».

Le contexte : une détention qui fait débat

Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre sous Ali Bongo Ondimba et principal challenger du président Oligui Nguema à la présidentielle de 2025, est placé sous mandat de dépôt depuis le 16 avril 2026. Il est poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance, liés à des fonds qui auraient été versés en 2008 pour l’organisation de la « Fête des cultures », dont il présidait alors le comité d’organisation.

Ses avocats contestent la procédure, estiment les faits prescrits et dénoncent une détention à motivation politique. Début juin, la cour d’appel de Libreville a rejeté leur demande d’annulation de la procédure. Les autorités, elles, affirment que ce dossier relève de la seule justice. Son parti, Ensemble pour le Gabon, a également alerté sur ses conditions de détention.

Dans ce contexte tendu, la lettre de Joël Ngoueneni Ndzengouma se distingue par son ton : sans prendre parti sur le fond judiciaire, elle choisit la prière et la fraternité, au-delà des clivages politiques.

Marie Dorothée

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