Gabon Digital Week : des experts de 50 pays africains réunis à Libreville pour accélérer la transformation numérique

Libreville accueille depuis ce 26 octobre 2026, les représentants de 50 pays membres de l’Union africaine des télécommunications à l’occasion de la première édition de la Gabon Digital Week (semaine du numérique), avec comme points d’orgue des échanges,  la souveraineté numérique, l’inclusion, l’innovation et la modernisation de l’administration publique. Avec un financement d’environ 68,5 millions de dollars, soit plus de 40 milliards de FCFA de la Banque mondiale, le programme Gabon Digital entre dans sa dernière ligne droite, à 18 mois de son échéance.

« En accueillant la première édition de la Gabon Digital Week, le Gabon traduit une ambition politique forte, celle du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema de faire du numérique un pilier de la souveraineté nationale, un accélérateur de la transformation économique et un levier majeur de modernisation de l’action publique », a souligné en ouvrant les travaux, Alexandre Barro Chambrier, vice-président de la République.

Pour le gouvernement, la transformation numérique ne saurait se limiter à la mise en place de plateformes ou à la dématérialisation de certaines procédures. Elle suppose une évolution profonde des méthodes de travail, une meilleure circulation de l’information et une appropriation des outils numériques par l’ensemble des administrations.

Le coordonnateur du programme Gabon Digital. Steeve Ewore donnant les objectifs du projet le 26 octobre à Libreville © Gabonactu.com

Le Ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, a, durant son allocution, rappelé l’importance stratégique de cette évolution dans un environnement économique de plus en plus marqué par les technologies.

« La dynamique de développement dans le monde sera de plus en plus déterminée par la capacité d’un pays à utiliser les technologies de manière plus productive », a-t-il affirmé.

Cette orientation implique une mobilisation de tous les départements ministériels. L’administration doit progressivement intégrer le numérique dans ses pratiques afin d’améliorer la qualité des services, de simplifier les démarches et de renforcer l’efficacité de l’action publique.

La réussite de cette transformation dépendra, a-t-il insisté,  de l’engagement de l’ensemble des acteurs publics. Mise à disposition des données, mobilisation des équipes, adoption des textes réglementaires et appropriation des nouvelles solutions constituent autant de conditions nécessaires pour faire du numérique un véritable outil de développement.

Au centre de cette ambition figure le programme Gabon Digital, présenté comme l’un des instruments opérationnels de la stratégie nationale de digitalisation. Il vise à concrétiser les orientations du Ministère de tutelle à travers le développement d’infrastructures, le renforcement des capacités numériques de l’administration et l’amélioration de l’accès aux services publics.

« Les objectifs de Gabon Digital, c’est de faciliter l’accès aux services publics, de renforcer la cybersécurité et la sécurité des données des citoyens, de consolider les infrastructures en matière d’hébergement et de connectivité, puis de renforcer l’équipement informatique de l’ensemble des administrations publiques qui assurent la délivrance des services aux usagers », a expliqué Steeve Ewore, coordonnateur du programme Gabon Digital.

Le programme ambitionne de rapprocher davantage l’administration des populations, d’améliorer la protection des informations personnelles et la disponibilité des services en ligne. La souveraineté numérique, l’inclusion et l’innovation constituent des enjeux étroitement liés. Il s’agit non seulement de moderniser les outils de l’État, mais aussi de garantir que les bénéfices de cette évolution puissent profiter au plus grand nombre.

Financé par la Banque mondiale à hauteur d’environ 68,5 millions de dollars américains, soit quelque 40 milliards de francs CFA, le programme Gabon Digital est mis en œuvre par l’Unité de gestion du projet (UGP) placée auprès du CNTIPPEE, sous la tutelle du Ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation.

Avec 18 mois de réalisation restante, le programme entre dans une phase décisive. Le défi consiste désormais à transformer les investissements engagés en services numériques effectivement accessibles aux citoyens et aux entreprises.

Cette échéance appelle une implication renforcée des différents ministères, notamment pour définir les priorités, rendre disponibles les données nécessaires, mobiliser les ressources humaines et adapter le cadre réglementaire à la dématérialisation des procédures.

Antoine Relaxe

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