SEEG : L’armée réquisitionnée pour distribuer l’eau dans le Grand Libreville

Le gouvernement a réquisitionné les forces de défense et de sécurité pour assurer la distribution d’eau potable dans le Grand Libreville, dans le cadre de l’état d’urgence hydrique décrété ce mercredi 1er juillet. Annoncée par le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, cette mesure vise à garantir l’approvisionnement des populations tout en mettant fin au commerce illégal de l’eau.

Les sapeurs-pompiers, la Garde républicaine, le Génie militaire et la Gendarmerie nationale assureront désormais les livraisons d’eau dans les quartiers touchés. Pour le Grand Libreville, les habitants pourront passer leurs commandes via le numéro vert 18, en attendant la mise en service d’autres numéros. « Seuls les agents des forces de défense et de sécurité sont habilités à procéder à la stricte application de ces mesures exceptionnelles », précise le communiqué.

En parallèle, les autorités lancent une vaste opération contre les réseaux de vente clandestine. Les forces de sécurité sont chargées de saisir les véhicules utilisés dans ce trafic, au nombre de 55 selon le gouvernement, et de démanteler les installations d’approvisionnement et de stockage illégales.

Une nouvelle mercuriale entre aussi en vigueur : le mètre cube d’eau est fixé à 3 000 FCFA, le fût de 200 litres à 600 FCFA et la livraison de 100 litres à 300 FCFA. Les paiements se feront directement auprès des agents des forces de l’ordre.

Le ministre rappelle que « l’accès à l’eau potable est un droit garanti par la Constitution » et avertit que toute personne impliquée dans l’exploitation illégale de cette crise s’expose à des sanctions. Il invite également les populations au calme afin de faciliter la mise en œuvre de ces mesures d’urgence.

Cette décision intervient quelques jours après la rencontre entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et les agents de la SEEG.

À l’issue de ces échanges, les autorités ont indiqué avoir identifié un réseau de commerce illicite de l’eau impliquant certains agents de la société, avec des ventes atteignant entre 10 000 et 20 000 FCFA, voire davantage, pour un mètre cube d’eau. Le chef de l’État a par ailleurs demandé aux agents de la SEEG « de tenir parole » afin que l’eau revienne rapidement dans les robinets.

Christina Thélin Ondo

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