Biodiversité : le Gabon renforce ses politiques minières et agricoles à travers un dialogue national à Libreville

Le Ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, en partenariat avec le WWF Gabon, a organisé le 27 mars dernier à Libreville un atelier de dialogue national consacré au renforcement et à l’élaboration des Instruments de politiques publiques sectoriels (IPPS).

La rencontre avait pour but d’intégrer la biodiversité dans les politiques des secteurs minier et agricole, à travers un cadre d’échanges inclusif réunissant administrations, secteur privé, société civile et partenaires, afin de structurer des projets prioritaires à soumettre aux bailleurs pour financement.

L’implication du WWF à travers cette initiative vise à accompagner le pays dans l’application du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, qui fixe des objectifs ambitieux pour inverser le déclin de la biodiversité d’ici 2030 et restaurer la nature d’ici 2050.

Au Gabon, ce cadre international se décline actuellement à travers l’élaboration de la Stratégie et Plan d’Action National de la Biodiversité (SPANB), conçue de manière inclusive avec l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion des ressources naturelles.

Après un premier dialogue national tenu en décembre 2025 ayant permis d’identifier 14 IPPS jugés urgents et réalisables (neuf pour le secteur minier et cinq pour l’agriculture), l’atelier du 27 mars dernier avait pour objectif de poursuivre la structuration de ces instruments.

Les participants ont notamment travaillé sur la priorisation de quatre IPPS, dont deux pour chaque secteur, sélectionnés via un sondage en ligne. Les discussions ont porté sur l’élaboration de notes directrices destinées à être partagées aux bailleurs afin de mobiliser des financements.

Prenant la parole au nom du WWF Gabon, la coordinatrice pays Nathalie Nyare Essima a souligné l’importance stratégique de cette démarche pour le Gabon, rappelant que le pays est engagé depuis plusieurs décennies dans la mise en place de cadres réglementaires avant-gardistes en matière de conservation.

Nathalie Nyare Essima a insisté sur l’approche inclusive du projet BIODEV2030, fondée sur la co-construction avec toutes les parties prenantes.

« L’innovation dans ce projet est de réunir les parties prenantes pour co-construire étape par étape, résultat par résultat », a-t-elle déclaré, convaincue que cette méthode garantit l’appropriation et la durabilité des politiques qui en découleront.

De son côté, le Directeur technique de la Direction générale de l’Environnement et de la Protection de la Nature, Roger François Azizet, a mis l’accent sur la nécessité d’impliquer pleinement les administrations sectorielles et les entreprises dans la prise en compte de la biodiversité.

Selon lui, il est indispensable que la biodiversité soit intégrée dans les textes législatifs et réglementaires afin de mieux encadrer les activités économiques exercées dans les zones naturelles du pays.

« Si ces entreprises, ces industries extractives n’ont pas à cœur la gestion de la biodiversité, alors leurs activités n’auront pour effet que de détruire cette biodiversité », a-t-il averti, tout en évoquant l’existence de mécanismes de financement, notamment le projet Blue Bond et d’autres dispositifs internationaux.

Au terme des travaux, les organisateurs attendent la production de quatre projets d’instruments de politiques publiques sectoriels ainsi qu’un rapport final de l’atelier. Les recommandations issues de cette rencontre devraient contribuer à renforcer la prise en compte de la biodiversité dans les politiques minières et agricoles, conformément à la cible 14 du cadre mondial Kunming-Montréal, et à soutenir les efforts du Gabon dans la consolidation de sa future stratégie nationale pour la biodiversité.

Roberte Adé

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