Dysfonctionnement dans la conduite des enquêtes judiciaires : le procureur général de Libreville recadre les OPJ

Le Procureur général près la Cour d’Appel de Libreville, Dr Eddy Minang, en sa qualité de garant du contrôle et de la surveillance de la police judiciaire, a, durant une réunion de mise au point tenue le 26 mars 2025 au Palais de justice, fait savoir aux Officiers de police judiciaire (OPJ) conviés à l’occasion, son mécontentement suite aux dysfonctionnements récurrents constatés dans la conduite des enquêtes judiciaires dans le Grand Libreville (Owendo, Libreville, Akanda et Ntoum).

« Au cours de cette réunion, nous avons échangé, nous avons abordé un certain nombre de points, notamment des points relatifs à la discipline, à l’application de la loi, remonter des informations aux gardes à vue qui sont souvent irrégulières et illégales », a indiqué à la presse, Dr Minang, au terme de la rencontre.

Pour le procureur général, les OPJ doivent impertinemment travailler conformément à la loi pour éviter, non seulement des dérives souvent très décriées par le peuple gabonais, mais aussi pour donner à la justice une image plus reluisante.

Durant la séance, le gendarme du parquet a mis en évidence les articles 20 et 40 alinéas 2 du code de procédure pénal lesquels doivent guider l’éthique et la déontologie d’un OPJ. Ceux-ci disposent en effet que : « la direction de la police judiciaire consiste à initier, à simuler, à orienter, à contrôler les enquêtes et vérification des enquêtes qui sont effectuées par les services de police judiciaire ; les officiers de police judiciaire sont tenus d’informer dans les 48h le procureur de la république de tout crime ou délit dont ils ont connaissances ».

« Il est inadmissible que les officiers de police judiciaire puissent par exemple d’abord agir et après s’en référer au procureur de la république, le mettant ainsi devant le fait accompli », a-t-il tonné.

Le procureur général n’a pas manqué de rappeler également que les OPJ ne doivent à aucun cas recevoir les ordres ou les instructions venant d’une autre autorité que le Procureur de la République, le maître des poursuites.

Le point sur les contrôles fantaisistes motivés par l’appât du gain a été également abordé. Pour le procureur général, seule la brigade de sécurité routière du Ministère des Transports, assisté des OPJ qui est habilité à effectuer des contrôles routiers.   

Camille Boussoughou

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