Drôle de discours des francevillois aux oreilles d’Ali Bongo

Ali Bongo, Bilie By Nze (1er ministre), Boukoubi (Pdt Assemblée nationale) et Mborantsuo (Pdte C Constitutionnelle) le 8 juin 2023 à Franceville © DR

En séjour jeudi 8 juin à Franceville, la capitale provinciale du Haut Ogooué (sud-est) où il s’est rendu pour déposer une gerbe de fleurs sur la tombe d’Omar Bongo, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba a écouté en « live » un drôle de discours loin des images d’Épinal doublées des mélodies envoutantes traditionnellement servies au fils du terroir à chaque descente.  

« Y’Ali on veut la route », a hurlé un petit groupe dont les voix sont dominées par celles des femmes et des enfants.

Cette petite et courte phrase a été répétée comme un refrain obligeant le numéro un gabonais de détourner son regard et de poursuivre son chemin.

« On est fatigué d’être enfumé », a lâché une voix féminine. Plusieurs routes de la province sont en piteux état.

La scène est peu ordinaire dans ce fief du numéro un gabonais où son score électoral en 2016 frisait les 100%, selon des résultats officiels.

A son époque, Omar Bongo, ancien président gabonais, père et prédécesseur d’Ali Bongo avait également essuyé les mêmes quolibets lors d’un séjour dans la capitale du Haut Ogooué.

Fin politicien, Omar Bongo avait compris le message. Il avait dépêché sur place la société SOCO BTP qui traitait en direct avec lui-même. Pas même avec le ministre des Travaux publics de l’époque.

Résultat, avant sa mort en 2009, Omar Bongo avait laissé un réseau routier urbain fiable à Franceville au grand plaisir des riverains. Personne n’avait été sanctionné suite aux quolibets essuyés par Omar Bongo.

Dans toutes les provinces, le problème des routes est la préoccupation majeure des populations. Il sera sans nulle doute au cœur des discours de campagne dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Camille Boussoughou

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