Recevant son propre titre foncier, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a, dans la foulée, présidé ce jeudi, au stade de Nzeng-Ayong, la cérémonie de remise de titres fonciers à des compatriotes. Au total, 16 000 titres ont été finalisés dans le cadre de cette opération de l’accélération de la régularisation foncière. Avec la phase du jour porte le nombre de titres fonciers délivrés dans le pays est passée de 33 000 à près de 50 000. Une avancée qui vise à faciliter l’accès à la propriété et à sécuriser le patrimoine de milliers de familles.
Derrière ces chiffres, l’enjeu est considérable pour les ménages qui occupent leurs parcelles depuis plusieurs années sans disposer de tous les documents nécessaires à la reconnaissance de leurs droits. Pour ces familles, l’obtention d’un titre foncier représente la possibilité de mieux protéger leur terrain, de limiter les risques de contestation et de transmettre leur patrimoine dans un cadre juridique sécurisé.
La cérémonie a également revêtu une dimension symbolique pour le chef de l’État. Lui-même confronté aux difficultés liées à l’obtention de ce document, Brice Clotaire Oligui Nguéma a reçu son propre titre foncier avant de procéder à la remise officielle de documents à plusieurs bénéficiaires.
Évoquant la situation d’une parcelle qu’il occupe à Owéndo (dans la banlieue sud de Libreville) depuis plus de vingt ans, un bénéficiaire il a décrit le fastidieux parcours de combattant naguère imposé aux populations. « C’est une parcelle que j’occupe depuis bientôt un peu plus de 20 ans aujourd’hui à Owendo », a-t-il confié, visiblement soulagé.
Pour tous les bénéficiaires, la satisfaction est totale. « Je suis ému et satisfait en même temps. Vous ne savez pas combien de fois c’est difficile pour un Gabonais d’avoir ce document. Nous remercions le chef de l’État vraiment aujourd’hui », a témoigné un autre bénéficiaire.
Mays Mouissi vise 20 000 titres d’ici fin 2026
Pour le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, cette opération doit se poursuivre au-delà de la cérémonie. Les 16 000 titres finalisés constituent une étape dans la volonté des autorités d’accélérer le traitement des dossiers et de rapprocher l’administration des populations.
« Notre ambition est de poursuivre cette dynamique afin d’atteindre 20 000 titres fonciers à la fin de l’année 2026 », a indiqué le membre du gouvernement, fixant ainsi le prochain objectif de cette politique de régularisation.

Le dispositif comporte également un volet social. Le chef de l’État a annoncé la prise en charge personnelle des frais d’établissement des titres fonciers pour des compatriotes économiquement vulnérables, à Libreville comme à l’intérieur du pays. Cette mesure vise à lever l’obstacle financier auquel se heurtent certaines familles, incapables de supporter seules le coût des démarches administratives.
La cérémonie a enfin été marquée par la remise de véhicules destinés aux services du ministère chargé de l’Habitat, afin de renforcer leurs capacités d’intervention dans les provinces et d’accompagner la poursuite des opérations sur le terrain.
Si la finalisation de ces 16 000 titres constitue une avancée importante au regard du volume historique annoncé, le défi reste désormais de poursuivre les régularisations, de réduire les délais administratifs et de rendre les procédures plus accessibles. Pour les familles concernées, l’enjeu dépasse la remise d’un document : il s’agit de faire reconnaître leurs droits et de disposer d’une base plus sûre pour construire leur avenir.
Tryphène Lembah
