Le ministre de l’Economie numérique, entre les responsable de la SPIN et de Gabon Fiber S.A. @ DR
La Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN) et Gabon Fiber S.A. ont conclu un partenariat public-privé d’une durée de 20 ans, destiné notamment à renforcer le réseau national de fibre optique et, à terme, à contribuer à la baisse du coût de l’accès à Internet au Gabon. L’accord concerne le Backbone national gabonais (BNG), principale infrastructure de transport des communications numériques sur l’ensemble du territoire.

Le projet prévoit un réseau d’environ 3 500 kilomètres, en s’appuyant à la fois sur les infrastructures déjà disponibles et sur de nouvelles portions à construire. Les données présentées avant la cérémonie faisaient état de 3 420 kilomètres, dont 1 769 kilomètres déjà en service et 1 651 kilomètres à développer.
Pour assurer la gestion de ce réseau, deux régimes sont prévus. Les infrastructures existantes resteront la propriété de la SPIN et seront exploitées dans le cadre d’un affermage. Quant aux nouvelles extensions, elles seront réalisées sous le régime de la concession. Gabon Fiber S.A. aura ainsi la responsabilité de leur conception, de leur financement, de leur construction et de leur exploitation.
Gabon Fiber S.A. doit intervenir comme opérateur de gros, en mettant ses capacités à la disposition des opérateurs de télécommunications et des fournisseurs d’accès à Internet. L’entreprise n’a donc pas vocation à commercialiser directement des abonnements auprès des particuliers. La répercussion de la baisse des coûts sur les ménages dépendra ainsi des offres proposées par les différents opérateurs. Les usagers devront notamment pouvoir constater une amélioration des débits, de la stabilité des connexions et des prix.
Le financement des nouvelles infrastructures reposera entièrement sur le secteur privé, selon le ministre. « Ce régime concessif permet de mobiliser l’investissement privé pour financer nos infrastructures », a-t-il expliqué. Le montant total des investissements prévus n’a toutefois pas été communiqué, pas plus que les modalités financières détaillées du partenariat.
Pour la SPIN, ce partenariat doit permettre d’aller au-delà de la simple gestion des infrastructures existantes. Il s’agit également de moderniser le réseau et d’en accroître la couverture. Le ministre de l’économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, y voit, pour sa part, un levier destiné à renforcer la souveraineté du Gabon sur ses infrastructures numériques stratégiques, notamment à travers le contrôle de l’État et le transfert de compétences annoncés.
Sur le volet des tarifs, les autorités affichent également l’ambition de rendre Internet plus accessible aux populations. « Elle permettra d’améliorer la vitesse et la rapidité d’Internet, mais également d’en faire baisser le coût à court et moyen terme pour les populations gabonaises », a déclaré Mark-Alexandre Doumba. Aucun taux de réduction ni calendrier précis n’a cependant été communiqué à ce stade.
La mise en œuvre de ce nouveau dispositif devra enfin préserver la continuité du service. La SPIN entend ainsi coordonner la transition avec Gabon Fiber S.A. et les administrations concernées afin d’éviter toute interruption lors du changement de modèle d’exploitation et pendant les futurs travaux.
À terme, l’enjeu sera de transformer les investissements annoncés en une connexion plus stable, plus étendue et surtout plus abordable pour les usagers gabonais.
Féeodora Madiba et Roberte Adé
