La mort dans l’âme, le Brigadier de police Christian Rodrigue Assogo, matricule 8719, promotion 2011, a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo bouleversante dans laquelle il supplie le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et son épouse Zita, de lui venir en aide pour rétablir son salaire et sa prime du 17 août, coupés — le privant ainsi de tout moyen de se soigner.
« Depuis que je suis affecté dans le Haut-Ogooué en 2021, je vis l’enfer. Je vis le calvaire. Mais je n’ai pas abandonné, j’ai toujours servi mon drapeau parce que j’aime mon pays, le Gabon », raconte-t-il, la voix tremblante mais empreinte d’une étrange dignité, avant de s’écrier, dans un sanglot : « Venez à mon secours, papa ! »
« Ils m’ont coupé mon salaire », dénonce-t-il, s’adressant directement au chef de l’État gabonais, chef suprême des forces armées.
« Mes deux pieds sont pourris ! », hurle-t-il, la douleur brute dans la voix, en montrant ses tibias rongés par de grosses plaies infectées et mal soignées — une image insoutenable qui glace le sang de quiconque regarde la vidéo.
Christian Rodrigue Assogo affirme qu’il s’agirait d’un « fusil nocturne », c’est-à-dire un mauvais sort que lui auraient jeté une ou des personnes mal intentionnées.

Malgré la gravité de son état, ses chefs ont coupé son salaire depuis le mois de juillet dernier, affirme le policier, encore vêtu de sa tenue, ses galons de brigadier ornant des épaules aujourd’hui voûtées par la souffrance.
« Je suis orphelin de père et de mère. C’est avec cet argent que je peux me soigner », implore le flic, amaigri par la maladie, le manque de sommeil, la douleur et la faim. Il confie se sentir abandonné même par ses propres enfants, et redoute, la voix brisée, que le pire ne survienne.
« Je me tourne vers vous, le père de la nation », martèle-t-il, avant d’adresser un appel silencieux à la première dame, Zita Oligui Nguema, en espérant toucher son cœur de femme et de mère de la nation.
Sous son regard impuissant, ses pieds mal soignés continuent de pourrir — un calvaire muet, filmé pour que le pays entier en soit témoin.
Carl Nsitou
