Succès Masra, ancien Premier ministre et chef du principal parti d’opposition au Tchad, ainsi que huit autres dirigeants de partis ont été graciés par le président Mahamat Idriss Déby vendredi par décret.
Condamné pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre », lors d’un procès dont l’ONG Human Rights Watch a rapporté la motivation politique, Succès Masra purgeait depuis plus d’un an une peine de 20 ans de prison ferme.
Les huit dirigeants de partis, tous membres de la plateforme de l’opposition (GCAP), Groupe de concertation des acteurs politiques, ont été condamnés depuis mai à huit ans de prison ferme, jugés coupables de fomenter une insurrection.
Cette grâce présidentielle entraîne une « remise totale des peines privatives de liberté aux condamnés », indique le décret publié vendredi sur la page Facebook de la présidence tchadienne.
Avec une grâce plutôt qu’une amnistie, les opposants détenus retrouvent leur liberté mais la condamnation subsiste : ils conservent leur casier judiciaire, leurs peines civiles et pécuniaires et deviennent inéligibles.
« Nous remercions le président de la République d’avoir bravé les obstacles et choisi d’avancer dans l’esprit de l’unité nationale qui est en train de naître. Nous espérons enfin nous asseoir autour d’une table pour faire avancer la paix », a réagit le Dr Ndolembai Sadé Njesada, vice-président du parti de Succès Masra, les Transformateurs.
Mais pour Hissein Abdoulaye, porte-parole du GCAP, « arrêter les dirigeants politiques arbitrairement, les traduire devant les tribunaux, les condamner avec des chefs d’accusation imaginaires et les graciers quelques mois plus tard tout en confisquant leurs droits civiques et politiques : c’est tout simplement abject et un recul démocratique très grave ».
Source : AFP
