Les ministres du Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (COPAX) des États membres de la CEEAC ont achevé, ce vendredi 24 juillet, leurs travaux à la Cité de la Démocratie Omar Bongo, à Libreville. Réunis dans le cadre du segment ministériel du Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (COPAX), les ministres en charge de la Défense, de la Sécurité, de l’Intégration régionale et des Affaires étrangères de huit États membres de la CEEAC ont adopté une série de recommandations visant à accélérer la mise en œuvre des réformes en matière de paix, de sécurité et de gouvernance régionale. Les travaux, organisés en prélude à la XXVIIe Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, ont porté sur la situation sécuritaire en Afrique centrale, le renforcement de la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC), la sécurité maritime, les capacités opérationnelles régionales et la coopération face aux menaces transfrontalières.
Les ministres ont examiné les recommandations formulées la veille par les chefs d’État-major généraux, commandants des polices et gendarmeries ainsi que les hauts responsables des ministères du COPAX. Ils ont notamment recommandé la réorganisation du plan d’armement de l’État-major régional de la FOMAC à partir de la vague de recrutement 2027-2029, l’accélération de la liquidation des droits du personnel concerné, la poursuite de l’identification des capacités militaires promises par les États membres et la relance des consultations pour désigner le pays hôte du futur exercice communautaire de la FOMAC, qui devrait mobiliser près de 1 500 militaires autour de la gestion des crises transfrontalières.
Pour le président de la Commission de la CEEAC, l’Ambassadeur Dr Ezéchiel Nibigira, les défis régionaux imposent une réponse collective. « Les crises à l’est de la RDC, les mouvements sécessionnistes au Cameroun, le terrorisme dans le bassin du lac Tchad et les conflits au Soudan ou au Sahel nous rappellent qu’aucun État ne peut relever seul les défis sécuritaires de notre région », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité de rendre pleinement opérationnelle la FOMAC en soulignant que « les textes soumis à votre validation doivent permettre de rendre pleinement opérationnelle la Force multinationale de l’Afrique centrale ».
Représentant la ministre gabonaise des Affaires étrangères, Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, a rappelé que les populations attendent des résultats concrets. « Les menaces qui frappent notre espace communautaire ne connaissent pas de frontières. Terrorisme, criminalité transnationale, trafic d’armes, insécurité maritime : notre seule réponse efficace est une action collective fondée sur la solidarité entre nos États », a-t-elle affirmé. Avant de conclure : « L’histoire nous observe, mais surtout nos populations. Elles n’attendent pas de nous davantage de discours, elles attendent des résultats tangibles capables de garantir durablement la paix et la sécurité en Afrique centrale ».
Le segment des ministres du COPAX clôturait la VIIIe Session ordinaire du Comité technique spécialisé sur la Défense, la Sûreté et la Sécurité (CTSDSS), organisée à Libreville du 21 au 24 juillet 2026. Les travaux avaient débuté par le segment des experts attitrés, consacré à l’examen technique des projets de textes relatifs à la sécurité régionale, avant de se poursuivre avec le segment des chefs d’État-major généraux, commandants des polices et gendarmeries et hauts responsables des ministères du COPAX, chargé de valider les orientations stratégiques et opérationnelles.
Les recommandations adoptées par les ministres seront soumises à la XXVIIe Session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, prévue à la Cité de la Démocratie Omar Bongo, où elles devront être entérinées pour renforcer l’architecture régionale de paix et de sécurité.
Nkili Akieme
