Onze pays d’Afrique centrale prendront part, ce 24 juillet 2026 à Libreville, au lancement officiel du Campus Mbongi 2026, une école d’été internationale consacrée aux langues, aux savoirs endogènes et à l’écologie. L’annonce a été faite lors d’un point de presse organisé au siège de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), sous la présidence de Nelly Banaken, commissaire en charge de la promotion du genre et du développement humain et social, aux côtés du professeur Patrick Mouguiama-Daouda
Organisé par la CEEAC en partenariat avec le VSD, le Campus Mbongi ambitionne de faire de la science et des savoirs un nouvel outil d’intégration régionale. « Cette initiative part d’un constat simple : le savoir doit désormais faire partie intégrante du processus d’intégration de l’Afrique centrale, au même titre que l’éducation et les échanges culturels déjà portés par la CEEAC », a déclaré Nelly Banaken.
Le projet réunira des étudiants, des chercheurs et des universitaires issus des pays de la sous-région ainsi que d’autres continents. L’objectif est de favoriser les échanges scientifiques, de rapprocher les peuples et les cultures et de mettre en valeur les contributions de l’Afrique centrale dans les domaines de la recherche, de la biodiversité et des savoirs traditionnels. Au-delà d’un simple rendez-vous académique, la CEEAC souhaite inscrire cette initiative dans la durée afin de renforcer la formation des jeunes générations et de promouvoir une véritable culture scientifique régionale.
Cette édition 2026 constitue la deuxième organisée dans le cadre de la collaboration entre la CEEAC et ses partenaires. Placée sous le thème « Langues, savoirs endogènes et écologie », elle s’appuie notamment sur le réseau Bantuphonie, qui rassemble quatre universités : Villers-Montaignes 1, Marie-Anne Gaudry, Ducombe 2 et Romain Bourbon.
Les organisateurs entendent mettre en lumière les connaissances ancestrales liées à la biodiversité et aux pratiques écologiques traditionnelles, longtemps marginalisées par des approches importées. L’ambition est de créer un dialogue entre ces savoirs et les sciences modernes, dans une démarche complémentaire qui valorise les détenteurs de ce patrimoine immatériel avant sa disparition.
Trois objectifs structurent le Campus Mbongi : favoriser la rencontre entre différents systèmes de connaissances, préserver et transmettre les savoirs ancestraux relatifs à la biodiversité, et rapprocher les sciences humaines et les sciences de la nature au sein d’une approche intégrée où culture et environnement sont indissociables.

L’édition 2026 sera également marquée par une première : la rencontre entre les représentants des trois grands bassins forestiers tropicaux de la planète le bassin du Congo, l’Amazonie et l’Océanie réunissant scientifiques, jeunes chercheurs et détenteurs de savoirs traditionnels autour des enjeux de préservation des écosystèmes.
Pour le professeur Patrick Mouguiama-Daouda ce partenariat avec la CEEAC constitue un levier stratégique pour renforcer les politiques d’appropriation de la biodiversité, notamment à travers les parcs nationaux, mais aussi pour développer la mobilité scientifique et étudiante. Inspirée du modèle Erasmus, cette dynamique vise à faire de la circulation des savoirs et de la jeunesse les piliers de l’intégration régionale.
À travers le Campus Mbongi 2026, la CEEAC entend ainsi faire des sciences, des langues et des savoirs endogènes un nouveau moteur de l’intégration en Afrique centrale, aux côtés de l’éducation et de la coopération culturelle.
Darene Mabelle Ayingone
