Fonction publique : la réforme du statut divise gouvernement et syndicats

La réforme du Statut général des fonctionnaires, portée par la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, suscite une vive controverse au sein de l’administration. Présenté comme un levier de modernisation de la Fonction publique, le projet prévoit notamment la suppression des avancements automatiques au profit d’une évolution de carrière fondée sur le mérite et l’évaluation des performances. Les organisations syndicales dénoncent, de leur côté, un texte élaboré sans véritable concertation.

La contestation a pris de l’ampleur après la diffusion d’une vidéo de Pierre Mintsa, président de la Confédération syndicale Machette syndicale des travailleurs gabonais Vaillant (MSTGV). Le responsable syndical appelle le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à ne pas entériner cette réforme, estimant qu’elle pourrait déboucher sur un mouvement social de grande ampleur dans l’administration.

Les syndicats reprochent principalement au gouvernement d’avoir engagé cette réforme sans associer les partenaires sociaux. Selon Pierre Mintsa, les règles qui encadrent la carrière des fonctionnaires ne peuvent être modifiées sans discussions préalables avec leurs représentants.

« On ne peut en aucun cas modifier un texte qui tourne autour de la gestion de la carrière d’un agent sans les partenaires sociaux », affirme-t-il.

Le gouvernement défend, pour sa part, une réforme destinée à adapter l’administration aux nouvelles exigences du service public. Lors des travaux de validation des nouveaux textes, Laurence Ndong a expliqué que le futur statut prévoit un renforcement de l’évaluation professionnelle, la lutte contre l’absentéisme, la valorisation du concours comme principale voie d’accès à la Fonction publique et des promotions désormais liées aux résultats des agents.

La suppression des avancements automatiques constitue le principal sujet de désaccord. L’exécutif estime que le système actuel, largement fondé sur l’ancienneté, ne permet pas de distinguer les agents les plus performants. Les syndicats craignent au contraire que les promotions reposent sur des critères d’appréciation variables et créent des disparités entre fonctionnaires.

Pour appuyer leurs réserves, plusieurs organisations rappellent l’expérience de la Prime d’incitation à la performance (PIP), instaurée en 2015. Elles estiment que les critères retenus à l’époque avaient suscité des contestations et nourri un sentiment d’injustice chez une partie des agents.

Au-delà du contenu du projet, c’est la méthode qui cristallise les tensions. Le gouvernement présente cette réforme comme une étape importante de la modernisation de l’administration, tandis que les syndicats réclament l’ouverture de négociations avant toute adoption du nouveau statut. L’évolution de ce dossier pourrait peser sur le climat social au sein de la Fonction publique dans les prochaines semaines.

Betines Makosso

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