Lancée par le maire de Libreville, Eugène Mba, l’opération « Libérez les trottoirs » entend restaurer l’ordre dans la capitale en mettant un terme à l’occupation anarchique du domaine public. Si cette initiative est globalement perçue comme une réponse à un problème de longue date, elle suscite également une vive polémique. Des commerçantes accusent en effet certains agents municipaux de compromettre les objectifs de cette campagne par des pratiques qu’elles jugent contraires à l’éthique.
À l’approche de la rentrée scolaire, période cruciale pour de nombreuses familles qui comptent sur leurs activités commerciales pour faire face aux dépenses, plusieurs vendeuses expriment leur exaspération. Elles dénoncent un système d’« arrangements » qui interviendrait après les opérations de déguerpissement menées dans les marchés et sur les espaces publics.
« Monsieur le Maire, nous déplorons le phénomène d’arrangements exercés par vos équipes après les casses dans les marchés. Après l’opération, ces derniers reviennent souvent sur les lieux, procèdent à des arrangements avec certains commerçants et redistribuent les places moyennant des sommes allant de 20 000 à 50 000 francs CFA. On en a marre ! », ce sont indignés plusieurs commerçantes durant un sit-in le 20 juillet dernier à l’hôtel de ville.
Selon ces témoignages, les espaces libérés seraient parfois réattribués de manière informelle contre rémunération, créant un sentiment d’injustice chez les vendeurs qui respectent les décisions municipales ou qui ne disposent pas des moyens financiers pour accéder à ces emplacements.
Antoine Relaxe
