A la faveur d’une communication conjointe faite mardi, les personnels de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (Cnnii) et de la Société gabonaise des transports (Sogatra), ont alerté l’opinion, attiré l’attention de leur tutelle (le ministre des Transports, de la marine marchande et de la logistique) et exprimé leur indignation au sujet des conditions salariales et socio-professionnelles lamentables auxquelles ils sont confrontés. Ils accusent 21 mois de salaires impayés, en plus d’un outil de travail désuet et des conditions d’exercice pénibles.
Les agents de ces deux entreprises, des parents et chefs de familles au demeurant, disent ne plus savoir à quel saint se vouer pour payer les frais de scolarité de leurs progénitures et honorer différentes charges inhérentes à leurs responsabilités quotidiennes : Loyer, charges Seeg, alimentation, santé et transport, etc.
« Le premier risque professionnel aujourd’hui est l’abandon social », s’alarme le président de la Confédération syndicale des travailleurs du Gabon (Cstg), Aymar Gaëtan Kissengori, qui a fait savoir que de nombreux agents de la Cnnii et de Sogatra ne sont même pas immatriculés à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), les exposant à des risques accrus en cas d’accident ou de maladie.
Les agents en détresse regrettent que des décisions fortes n’aient pu être prises en temps opportun pour abréger leurs souffrances. Toutes choses qui supposent la régularisation des arriérés de salaires ; la prise d’arrêtés spécifiques pour les secteurs à risque ; le renforcement des contrôles dans les entreprises ; la vérification de l’immatriculation des travailleurs à la Cnss et les sanctions à infliger aux employeurs indélicats.
Autres points de friction, la priorité accordée à l’organisation des élections professionnelles alors que les urgences sociales s’aggravent ; l’absence de déclaration officielle de la tutelle dans le contexte de la célébration ce mois de mai des Journées africaine et mondiale de la prévention des risques professionnels et de la sécurité au travail ; ainsi que la célébration de la Fête du travail.
Face à cette situation, les agents en détresse et en colère estiment qu’au-delà de la tutelle, le ministère du Travail ne devrai plus rester silencieux face à ces réalités sociales préoccupantes à la Cnnii et à la Sogatra.
Alph ’-Whilem Eslie et Frida Dodo
