Le ministère de la Communication et des Médias, en partenariat avec UNESCO, a célébré en différé, vendredi 8 mai à la Maison Georges Rawiri, la Journée mondiale de la liberté de la presse autour du thème « Façonner un avenir pour la paix : Promouvoir la liberté de la presse au service des droits humains, du développement et de la sécurité ». La cérémonie a réuni des membres du gouvernement, des représentants d’organisations internationales, des responsables de médias, des étudiants ainsi que des professionnels du secteur.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a rappelé le rôle de la presse dans le fonctionnement démocratique. « Défendre la liberté de la presse partout dans le monde, et particulièrement au Gabon », a-t-il déclaré, tout en soulignant la responsabilité des médias dans la préservation du débat public et de la paix sociale.
Le membre du gouvernement a également insisté sur les enjeux liés à l’autonomie économique des organes de presse. « Une presse autonome financièrement est une presse plus libre éditorialement », a affirmé Germain Biahodjow. Il a encouragé les entreprises de presse à diversifier leurs revenus à travers la publicité, les contenus payants, les événements et les partenariats professionnels afin de limiter leur dépendance aux financements publics.

Présent lors de cette rencontre, Patricio Zambrano Restrepo a réaffirmé l’engagement de UNESCO en faveur des médias gabonais. « En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, l’UNESCO réaffirme son engagement aux côtés du Gabon pour une presse libre, responsable et pluraliste, au service de la démocratie, de la paix et du développement durable », a-t-il indiqué.
Les échanges ont aussi porté sur les défis liés à l’évolution technologique du métier. Représentant les médias, Brice Ntoutoume a rappelé qu’« il n’y a pas de démocratie sans une presse libre ». Il a estimé que les mutations liées à l’intelligence artificielle modifient désormais les pratiques journalistiques et les conditions de production de l’information. « La liberté de la presse n’est pas un acquis », a-t-il ajouté, appelant les journalistes à défendre quotidiennement le droit d’informer.

La cérémonie a été marquée par un hommage rendu aux professionnels des médias disparus ainsi que par une remise symbolique de distinctions à certains journalistes. Plusieurs participants ont exprimé le souhait de voir les professionnels de l’information exercer leur métier dans un environnement plus apaisé sous la 5e République.
Au terme de cette journée, les discussions ont mis en avant plusieurs priorités pour le secteur des médias, notamment la protection des journalistes, le renforcement de l’indépendance économique des rédactions et la consolidation d’un cadre favorable à la liberté d’expression au Gabon.
Christina Thélin Ondo
