Libreville aura vécu, le temps de quelques heures, au rythme d’un rendez-vous que ses promoteurs ambitionnent déjà d’inscrire dans la durée. La première édition du Forum international de Libreville qui s’est finalement achevée lundi au lieu de dimanche à cause d’un retard dans l’agenda. Elle a scellé la « Déclaration de Libreville » aux allures de feuille de route. À la clé : une série de recommandations destinées à transformer des débats d’experts en leviers concrets de transformation économique.
Derrière l’affichage institutionnel – six chefs d’État présents lors de l’ouverture et l’inauguration du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba – les organisateurs ont voulu privilégier une approche résolument opérationnelle. Réunis sous l’égide d’un sous-comité scientifique, une trentaine d’experts nationaux et internationaux ont planché sur des priorités structurantes pour le Gabon et, au-delà, pour l’Afrique centrale.
L’intelligence artificielle comme accélérateur
Parmi les axes majeurs, l’intelligence artificielle s’impose comme un vecteur clé de compétitivité. Les participants ont insisté sur l’urgence d’intégrer des solutions technologiques aussi bien dans l’administration que dans le secteur privé, afin de réduire les délais, améliorer la gouvernance et stimuler l’innovation. Une orientation qui traduit la volonté des autorités de faire de la transformation digitale un pilier de modernisation de l’économie.
Le pari des infrastructures et des corridors
Autre priorité : le renforcement des corridors logistiques. Dans un contexte de recomposition des échanges régionaux, Libreville entend consolider son positionnement de hub.

Les discussions ont ainsi mis en avant la nécessité d’investissements ciblés dans les infrastructures de transport et de facilitation des échanges, condition sine qua non pour accroître l’attractivité du territoire.
Sécuriser l’investissement, renforcer la confiance
La question de la sécurité juridique n’a pas été en reste. Les experts ont plaidé pour une plus grande prévisibilité du cadre réglementaire et une meilleure protection des investisseurs. Un chantier central pour un pays qui cherche à diversifier son économie et à attirer davantage de capitaux internationaux.
Souveraineté alimentaire et inclusion sociale
Sur le front agricole, les recommandations portent sur la mise en place de mécanismes de financement innovants pour dynamiser les chaînes de valeur locales. L’objectif est clair : réduire la dépendance alimentaire tout en créant de la valeur ajoutée sur le territoire.
En parallèle, l’inclusion des jeunes et des femmes s’est imposée comme un impératif transversal. Des plans d’action ciblés ont été évoqués pour favoriser leur intégration dans les secteurs porteurs, notamment ceux liés à l’économie numérique et à l’entrepreneuriat.
Des engagements immédiats
Au-delà des intentions, le Forum a été marqué par l’annonce de plusieurs conventions et partenariats stratégiques associant l’État, des institutions financières et des acteurs privés. Ces accords, selon les organisateurs, traduisent une volonté d’adosser rapidement les recommandations à des projets concrets, notamment dans les domaines des infrastructures et de l’innovation.

Les rencontres B2B et B2G organisées en marge des travaux ont également contribué à densifier les échanges, offrant aux investisseurs et aux décideurs une plateforme de mise en relation directe.
Vers une institutionnalisation du dialogue
Dans son allocution de clôture, le comité d’organisation a insisté sur la vocation du Forum à dépasser le cadre événementiel. Alignée sur la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’initiative se veut le point de départ d’une plateforme permanente de dialogue entre secteurs public et privé.
Reste désormais à traduire l’essai. Car au-delà des annonces et des engagements, c’est bien la mise en œuvre effective des recommandations qui déterminera la portée réelle de ce premier Forum. Pour Libreville, l’enjeu est de taille : transformer l’essai diplomatique et médiatique en un véritable moteur de réformes économiques, de développement et de croissance.
Antoine Relaxe

Je suis vraiment fière du père de la nation
Il ne s’est pas arrêté juste au belles paroles mais il est arrivé à concrétiser cela …aujourd’hui nous avons un bijou qu’il faut garder avec soin.