Dans la nuit de mardi à mercredi dernier, une jeune dame de 35 ans, a donné naissance, en plein minuit, à des triplés, à la maternité du Centre hospitalier régional de N’tchengue, hôpital de référence à Port-Gentil, capitale provinciale de l’Ogooué-Maritime (littoral sud). Une naissance triple, événement aussi rare que chargé d’émotion, qui a suscité à la fois admiration du personnel soignant et évidemment bonheur pour les parents, Ladyca Simbou Mihindou et Wesley Ibimbi Nguele.
Educatrice préscolaire dans le privé, la mère ne cachait pas sa surprise au lendemain de l’accouchement. « Je ne m’attendais pas à ça. J’ai rendu grâce à Dieu. Je n’ai suivi aucun traitement, je n’en ai même pas rêvé », a-t-elle confié, émue.
Mais très vite, l’émotion laisse place à l’inquiétude. « Financièrement, je ne pourrai pas m’en sortir. Je travaille dans le privé et pendant trois mois de vacances, je ne serai pas payée », déplore-t-elle.

Les nouveau-nés, trois garçons en bonne santé, affichent des poids respectifs de 2,700 kg, 2,500 kg et 2,400 kg. Selon la major de garde, l’accouchement est survenu après une alerte médicale.
« Elle est arrivée pour une consultation auprès de l’anesthésiste. C’est à ce moment qu’une hausse de tension a été détectée, nécessitant une intervention rapide afin de préserver la santé de la mère et des enfants », a-t-elle expliqué.
L’accouchement par césarienne s’est bien déroulé et l’état de santé de la mère est aujourd’hui stable. Toutefois, au-delà du succès médical, la situation sociale du couple suscite une vive préoccupation.
Chaîne de solidarité agissante
Déjà mère d’une adolescente de 14 ans, Ladyca Simbou Mihindou faisait face à des difficultés financières avant même cette naissance. Son compagnon, Wesley Ibimbi Nguele, père de deux enfants avant cet événement, peine à trouver un emploi stable malgré une formation en logistique de santé. Face à cette nouvelle réalité, le couple lance un appel poignant aux autorités.
« Monsieur le chef de l’État, je ne demande pas des couches ni un lit, mais du travail pour mon concubin. Il a étudié. Moi, je souhaite un logement pour éviter de payer un loyer, ainsi qu’un capital pour travailler à mon propre compte. Cela fait 10 ans que je travaille sans assurance. Je demande aussi que mes enfants soient assurés », implore la mère, la voix chargée d’émotion.
Entre miracle de la vie et précarité sociale, cette naissance exceptionnelle met en lumière les défis auxquels font face certaines familles, et relance le débat sur l’accompagnement des mères et des foyers vulnérables.
Alph ’-Whilem Eslie et Jean-Jacques Rovaria Djodji
