Féminicide : Chérone Vanessa Mbouie, abattue d’une balle dans la tête par son compagnon

Le drame qui s’est déroulé dans le quartier résidentiel de la Cité Damas, dans le 5ème arrondissement de Libreville implique un jeune couple, dans le compagnon, Hervé Ndong, actuellement, aux arrêts, est poursuivi pour féminicide sur sa compagne, Chérone Vanessa Mbouie (38 ans). L’infortunée a succombé à ses blessures, à l’hôpital, quelques temps après avoir été touchée par balle d’une armée à poing, actionnée par son compagnon, dans des circonstances non encore élucidées. La famille de la victime réclame justice.

Les témoignages recueillis décrivent une scène bouleversante. Entre pleurs et colère, la famille réclame désormais une réponse rapide de la justice. « Nous voulons que toute la lumière soit faite, et sans délai », insiste Antoinette Mba Nzoghé, la mère de la défunte dénonçant les zones d’ombre qui entourent encore ce drame.

De fait, au lendemain du drame, de l’interpellation du présumé coupable et de l’ouverture de la procédure judiciaire, plusieurs interrogations demeurent, notamment sur les circonstances exactes de la fusillade et surtout de la présence d’une arme à poing dans un cadre privé, où ne réside aucun agent des forces de sécurité.

Hervé Ndong a été interpellés pour des besoins d’enquêtes @DR

Alors que certaines voix évoquent la thèse d’un accident, cette version est fermement rejetée par la famille et les proches de la victime. Pour eux, les éléments observés ne laissent que peu de place au doute. Ils exigent une justice rapide, transparente, à la hauteur de la gravité des faits.  Une autopsie a été demandée afin d’établir les causes exactes du décès.

Contexte, alerte

Au-delà de ce fait divers et dans le contexte de la célébration de la journée nationale de la femme gabonaise, pas plus tard que le week-end écoulé, cette tragédie remet en lumière une problématique plus large : celle des violences faites aux femmes. Au Gabon, comme dans de nombreux pays africains, ces violences restent une réalité préoccupante, souvent sous-déclarée.

Selon des estimations d’organisations internationales comme ONU Femmes, près d’une femme sur trois dans le monde a déjà été victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. En Afrique subsaharienne, ces chiffres restent élevés, avec une forte proportion de violences commises dans le cadre conjugal.

Au Gabon, bien que les données officielles restent limitées, les associations locales alertent régulièrement sur la montée des cas de violences domestiques, parfois tragiques. Des affaires comme celle de Chérone Vanessa Mbouie viennent rappeler l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention, d’écoute et de protection.

Féeodora Madiba et Tryphene Lembah

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.