Le Gabon passe au crible son autoévaluation à l’application de la Convention de l’ONU contre la corruption

Les administrations gabonaises se sont réunies du 27 au 28 novembre dernier au siège de la Commission  nationale de la lutte contre la corruption (CNLCEI) pour évaluer une autoévaluation sur l’application nationale de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Sous la coordination du ministère de la Réforme, ce travail d’auto-évaluation doit permettre de mesurer les progrès réalisés et d’identifier les faiblesses à corriger avant la visite officielle des experts internationaux.

Les travaux ont été supervisé par le point focal, Séraphin Ondoumba, par ailleurs, commissaire membre de la CNLCEI. Ces rencontres, selon elle, s’inscrivent dans le cadre du « deuxième cycle d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption ». L’ONUDC a adressé au Gabon une liste de contrôle à laquelle chaque administration doit répondre pour démontrer son niveau de conformité.

 « La plupart des administrations ont déjà renseigné la liste et participent activement aux discussions », indiqué Sarah Hortense Iwangou, représentante du ministère de la reforme.

Au fil des échanges, les équipes ont passé en revue chaque article de la Convention. Pour l’experte, un premier point fort s’est dégagé clairement : « Les textes existent. Le Gabon a intégré dans son droit interne les principales dispositions de la Convention ». Cependant, elle a souligné que l’application concrète de certaines obligations reste encore insuffisante.

Les administrations manquent parfois de cas pratiques à présenter, ce que l’ONUDC peut considérer comme une faiblesse. L’un des exemples les plus marquants concerne la fonction publique. La représentante du ministère de la reforme  rappelle que la loi du 4 février 2005 prévoit une évaluation annuelle des agents.

Pour elle, « la disposition est claire, mais elle n’est pas appliquée partout. Tous les fonctionnaires ne sont pas évalués comme prévu ».

Elle a noté également un autre point faible : l’absence de statistiques fiables. « nous appliquons la Convention, mais nous ne notons pas toujours les cas. Nous devons mieux tenir nos données à jour », reconnaît-elle. Cette phase d’auto-évaluation constitue la première étape du processus.

Les participants ont examiné successivement et validé les chapitres 2 et 5 de la Convention. Le rapport sera transmis à l’ONUDC, qui pourra proposer des corrections. Cette mission internationale viendra clôturer l’examen et devrait déboucher sur des recommandations destinées à renforcer la transparence et la lutte contre la corruption dans le pays.

En juin 2026, le Gabon sera examiné par les experts de l’équipe des Nations unies et les Etats examinateurs partenaires qui sont :la Lybie et le Tchad. Ils vont évaluer le pays sur le chapitre II de la convention portant sur la prévention et le chapitre V lié au recouvrement d’avoirs.  

Antoine Relaxe

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