Tribune libre : les joueurs internationaux sont-ils complices de la non reprise du championnat national ?

La question paraît surprenante et pourtant elle mérite d’être posée au regard de la situation actuelle marquée par un arrêt du championnat national depuis plus de 2 ans et de la composition de la sélection nationale dont t’on ne trouve la patte d’aucun joueur évoluant au niveau local.

Il y’a quelque jours, Stéphane Nguema, ancienne gloire du football Gabonais a été placé en garde à vue à Bongoville pour avoir voulu rencontrer ses anciens coéquipiers afin de plaider la cause de la reprise du championnat national de football. En réponse, l’ex Panthère et ancien sociétaire du Paris Saint Germain (PSG) a subi une humiliation inacceptable en compagnie de quatre autres footballeurs à la retraite ou en action. Le silence de certains cadres de la sélection nationale a été assourdissant. Pourquoi un tel mépris ? Est-ce un hasard ? Voici quelques pistes !


Axel Meye et Ibrahim Ndong n’ont pas tergiversé. Ils ont été intransigeant. Ils ont décidé d’être solidaire avec leurs frères dont le plus célèbre et le plus connu est Stéphane Nguema. L’humiliation dont il a été est inacceptable pour un professionnel qui n’a posé aucun acte malveillant et qui de surcroit rentrait tranquillement chez lui avec ses amis après la fin de non-recevoir qui leur a été opposé. En droit de la guerre, il était considéré à ce moment là comme un guerrier qui a baissé son arme. Il était donc devenu inattaquable pour avoir abandonné le combat. Au contraire, il aurait bénéficié de la plus haute protection.

Axel Meye et Ibrahim Ndong ont-ils scellé leur sort ?

Les héros sont donc Axel Meye et Ibrahim Ndong dont l’acte patriotique a été salué par la quasi totalité des supporters gabonais privé du football national depuis deux ans et blessé par la garde à vue de Stéphane Nguema et ses compagnons. Grande a été la surprise des supporters gabonais quand ils ont lu les commentaires moqueurs rempli de piques de la part de Mario Lemina (évoluant à Nice en France) à l’encontre d’Ibrahim Ndong. Réaction qui a rendu la toile en colère contre Lemina pour son manque de solidarité et son mépris.

Dans le même sens, Biyogo Poko aussi évoluant en Europe a écrit un post rempli de plusieurs messages visés prouvant clairement un manque de solidarité au combat mené par tous ceux qui souhaitent la reprise du championnat national.

Il est clair que la non reprise du championnat national fait les affaires des binationaux et celle des joueurs évoluent à l’extérieur car tout est dans leurs intérêts que le championnat national ne reprenne pas. La mort clinique du National foot fera moins de concurrence et offrira toujours moins de choix au sélectionner nationale obligé de faire avec les internationaux même les tocards et les chauffeurs de bancs dans leurs clubs respectifs.

Pierre Emeric Aubameyang a été totalement inaudible. Son propos a été simplement ambigu. Il a démontré ses faiblesses de meneur d’hommes lui qui connait bien qu’il n’y a pas de victoire son combat. Il a visiblement protégé son cake et le morceau du beefsteak de son papa.

L’exemple évocateur de Bouenguidi sport

Souvenez-vous que pour être appelé en équipe nationale il faut être en activité et jouer. Nous savons tous que dans cette équipe nationale il y’a plusieurs qui sont appelés par défaut ou par relation car vue le niveau et le rendu sur le terrain, certains ne seraient plus appelés s’il y avait une réelle concurrence facilitée par le championnat national mais la pauvreté du banc de touche reste un témoin incontestable au problème d’effectif.

On comprend mieux le silence et la position de certains qui auront beaucoup à perdre au détriment de la nation tout entière. Le meilleur exemple pour montrer qu’il y a plus de talent au Gabon qu’à l’extérieur c’est en regardant les performances réalisées sur le plan continental par Boueguidi sport face à des équipes comme le TP Mazembe, imaginez s’il y avait un championnat dynamique au pays ! Bouenguidi sorti de nulle part rivaliserait aujourd’hui sur le plan continental et pourrait offrir à la nation un trophée jamais gagné.

Toute la cacophonie autour du national foot achève à croire que cette honteuse situation profite beaucoup plus aux dirigeants du football Gabonais et aux joueurs expatriés qu’aux supporters gabonais et aux footballeurs locaux car l’attitude des dirigeants du football Gabonais montre clairement qu’ils sont entrain de confisquer une équipe nationale qui fonctionne avec l’argent du contribuable et non avec leur argent. C’est vous et moi (contribuable) qui payons l’avion, la nourriture, les maillots, les primes des matchs et les salaires de tout le staff technique des panthères par le biais des prélèvements et taxes. Même les chômeurs payent car chaque fois qu’il achètent un peu d’unités Edan pour s’éclairer, l’Etat prélève des taxes. Idem lorsqu’ils achètent des forfaits internet.  

Beaucoup se cachent dans un faux patriotisme alors que Le vrai patriotisme c’est le fait de défendre la cause du plus grand nombre et non celui de défendre ses intérêts et ceux de ses dirigeants. Ca c’est de l’égoïsme malicieux car nous savons tous qu’en cas de résultats catastrophiques, seuls les dirigeants et les acteurs sont responsables de l’échec et ce sont ces derniers qui sont les premiers à dégager leur responsabilité en accusant le pauvre sélectionneur.

Le cas Daniel Cousin

Ce qui est plus surprenant ce que beaucoup ont une mémoire courte et ignorent qu’a un certain âge, plus aucun club extérieur ne vous accepte, c’est pourquoi plusieurs grandes légendes dans le football finissent leur carrière dans leurs pays car seule endroit où vous demeurez une légende à vie.

Pour exemple, Daniel Cousin n’aurait jamais joué la CAN 2012 avec le Gabon et fait toutes ces merveilles si le championnat national n’existait pas. C’est grâce à Sapin qu’il est revenu en équipe nationale.

Rappelons que dans l’histoire du football Gabonais, l’équipe nationale a joué deux quarts de finale, en 1996 avec Azingo nationale et en 2012 avec les Panthères. Le point commun entre ses deux dates c’est le fait que le Gabon avait un bon championnat et que plusieurs titulaires et hommes clés de l’équipe évoluaient au Gabon. C’est vérifiable !

Je vais terminer mon propos par l’attitude de division entretenue par les dirigeants et dont certains joueurs participent pour pouvoir faciliter leur convocation en équipe nationale.

Ce que je vais dire ici n’est pas absolue mais sachez que les dieux du football sont souvent derrière une équipe unie et soutenue par son public.

En 2017 toute l’équipe était presque unie mais pas le public, nous avons vu comment l’équipe a été éliminé sans gagner le moindre match.

Malédiction sur les Panthères

Je peux vous garantir que si en ce moment l’équipe et les supporters étaient unis, l’Égypte aurait perdu hier car les prières seront aller dans le même sens jusqu’en Angola.

Si nous partons à la CAN au Cameroun dans cette état d’esprit marqué par la division, j’ai peur que l’histoire ne se répète car nous ne tirons jamais les leçons du passé.

Quand les prières de tout un peuple vont dans le même sens, seul le talent et l’expérience font  la différence mais la chance reste de votre côté.

Le football est la seule chose qui unit les gens ayant des opinions et des convictions différentes. Nous aimons tous l’équipe nationale mais certains d’entre nous sommes contre les injustices et la mauvaise gestion du football Gabonais dont certains cadres sont complices par leur silence vu leur statut qui en réalité aurait déjà fait bouger les lignes.

On a mobilisé beaucoup d’argent pour les Assises du championnat national, il faut maintenant mobiliser et l’argent et les hommes pour la reprise de ce championnat. Que les vieux roublards qui profitent de la naïveté et de l’égoïsme des internationaux cessent leur manœuvres sordides et mortifères pour le football gabonais. Les internationaux doivent se souvenir que le football est l’unique métier au monde où l’on est forcé de prendre la retraite très jeune.

Brice Ndangui, fanatique du football


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