PDG : vers un congrès pour la redistribution des postes ?

Le 12 décembre prochain le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 53 ans) organise un congrès extraordinaire. Bien qu’extraordinaire, la tenue de ce congrès à un moment où on ne s’y attendait le moins suscite des interrogations sur l’opportunité d’une telle grande messe politique par ces temps de Covid 19 avec tout ce qu’il comporte de mesures restrictives.

Eric Dodo Bounguendza semble pourtant bien installé aux commandes du parti des masses. Tout baigne. Le Distingué camarade (titre officiel du président de la République au sein de son parti) a désigné plusieurs de ses représentants qui veillent au grain et lui rendent compte régulièrement des activités du parti. Alors pourquoi dans une telle ambiance avoir convoqué un congrès extraordinaire ?


A y voir de prêt, le parti veut déjà lancer les grandes manœuvres dans la perspective de la présidentielle de 2023, année au cours de laquelle se tiendront également des élections locales et législatives.

Le congrès du 12 décembre s’annonce alors palpitant. Eric Dodo Bounguendza et son staff actuel doivent-ils conserver tous leurs privilèges actuels ou encore doivent-ils perdre une partie pour faire de la place aux anciens nouveaux venus ?

Cette question n’est pas idiote. Les néo-camarades sont nombreux. D’abord, les nombreux jeunes qui gravitent autours du Distingué Camarade. Ils sont nombreux qui n’ont pas de grades au sein du Secrétariat exécutif. C’est le cas de Noureddin Bongo Valentin, Yann Ngoulou, l’actuel porte-parole de la Présidence de la République, Jessye Ella Ekogha…

L’état-major du président Ali Bongo Ondimba n’est pas l’unique force politique à injecter au sommet de la machine. Il y a aussi tous les cadres et militants qui ont rejoint le PDG suite à l’appel du Distingué Camarade. C’est le cas de René Ndemedzo’o Obiang et toute sa marmaille de l’ex Démocratie nouvelle (DN).

Frédéric Massavala Maboumba (une grosse gueule) est aussi sur les startings-blocs tout comme Louis Ingongui qui a tourné le dos à Séraphin Ndaot pour rejoindre le parti du 12 mars.

Les cadres et militants des Sociaux démocrates gabonais (SDG) qui ont accepté la fusion absorption de leur machine avec le PDG attendent aussi leur part du cake. Avant eux, il y a eu aussi le Rassemblement des valeurs (RV), un autre parti satellite qui a accepté la fusion absorption.

Il y a aussi d’autres et pas des moindres : les caciques oubliés à l’instar de Richard Auguste Onouviet, Paul Biyoghe Mba, Michel Essonghe, Flavien Nzengui Nzoundou, Yves Fernand Manfoumbi, Guy Bertrand Mapangou, Alexis Boutamba Mbina, Maxime Ngondzo Issondou, François Engonga Owono … bref la liste des cadres qui n’ont jamais démissionné mais mis à l’écart ou simplement oubliés est très longue.  

Toute cette foule doit faire chauffer le crane car c’est connu, la soif des postes et des privilèges est une marque de fabrique des politiciens gabonais.  

Camille Boussoughou


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