L’Ethique du pouvoir ou l’art de bien gouverner, un Essai de Pierre Claver Maganga Moussavou

Pierre Claver Maganga Moussavou durant sa communication le 14 mai à Libreville ©  Gabonactu.com

 Pour sortir le Gabon des conflits post-électoraux et des crises multiformes caractérisés par la mauvaise gouvernance et des clivages, l’économiste opposant Pierre Claver Maganga Moussavou a proposé deux solutions un Essai intitulé : « l’Éthique du pouvoir ou l’art de bien gouverner ». Lecture.

« L’Ethique du pouvoir ou l’art de bien gouverner


Le Président de la République est le seul à être élu au suffrage universel par l’ensemble de ses concitoyens sur la base d’un programme d’actions sur lequel il s’engage.

Ce programme se doit d’être détaillé pour que le choix des électeurs se porte non seulement sur le candidat, mais aussi et surtout sur le programme d’actions sur lequel les espoirs des électeurs se fondent pour leur bien-être.

Drapé de la légitimité que lui aura conféré le peuple, le Président de la République, ayant juré d’être le Président de tous, forme un Gouvernement qui va s’atteler à traduite en actes les promesses du chef de l’État.

Le Président de la République, Chef du Pouvoir exécutif, choisit librement des femmes et des hommes d’où qu’ils viennent, qu’il juge à même de réaliser son programme, un programme sur lequel il a été élu !

Une fois les élections législatives organisées, il sort donc des urnes les représentants du peuple dont le rôle est de voter la loi, de consentir l’impôt et de contrôler l’action de l’Exécutif.

Afin de bien gouverner le Gabon, un pays à faible population, et de veiller à la cohésion sociale sans laquelle toute action est vaine, le Chef de l’Etat n’a que deux choix clairs.

Le premier choix est de gouverner avec la Représentation Nationale, ainsi le Gouvernement serait formé proportionnellement au nombre de Députés engrangés par chaque parti.

Le Premier Ministre serait désigné selon  le bon vouloir du Président de la République au sein du parti ayant le plus grand nombre de Députés, ayant donc obtenu la majorité absolue ou relative, avec pour mission d’y faire figurer tous les partis représentés au sein de l’Assemblée Nationale.

Le Gouvernement ainsi constitué n’aurait donc pour mission que d’exécuter le programme du Président, seul responsable devant le peuple, dont la sanction se traduit à l’occasion du vote, un vote qui se doit d’être transparent comme le souhaite ardemment le peuple.

Le deuxième choix est celui de la formation d’un Gouvernement pris hors de la Représentation Nationale, un Gouvernement dont les éléments qui le composent, sont soumis à l’approbation de l’Assemblée Nationale ainsi que la nomination à des hautes fonctions des hautes cadres qui seraient  utiles à  la réalisation du programme du Président de la République.

Même si le deuxième choix peut emporter ma préférence parce qu’il cadre bien avec la séparation des pouvoirs, tout porte à croire que les deux modes de désignation du Gouvernement garantissent la cohésion sociale dans un pays de 2 millions d’habitants, avec pour ambition de réussir la transformation de notre pays.

Ce qui précède traduit la volonté à la fois de rassembler et de s’engager sur la voie de la bonne Gouvernance et surtout de l’engagement pris d’être au service de tous !

Les notions de Premier Ministre Chef du Gouvernement, responsable devant le Parlement, le Parlement qui contrôle l’action du Gouvernement, méritent d’être repensées pour cadrer avec la présidentialisation du pouvoir au Gabon ainsi défini et permettre de bien situer les responsabilités devant le peuple souverain.

En effet, si dans un système parlementaire le Premier ministre chef du gouvernement, chef du parti majoritaire et responsable devant le Parlement dont il est issu, il n’en va pas de même dans un système présidentiel ou le Premier Ministre est Chef d’orchestre dont les partitions sont écrites voire définies et corrigées par le Président de la République. Il dépend de ce fait du Président de la République de la durée de présence sur scène de son Chef d’orchestre dont le recrutement des musiciens   ne dépend pas de lui !

A ce titre, le Premier Ministre se présentera à l’Assemblée Nationale non point pour recueillir l’assentiment des Députés sur un programme qui n’est pas le sien, mais celui du Chef de l’Etat, déjà approuvé par le peuple souverain qui l’a élu, mais l’occasion pour lui de faire l’exposé, au nom du Chef de l’Etat, de ce qui va être  fait où  a été fait s’il est nommé en cours de mandat et de ce qui reste à faire et comment le faire sans qu’il y ait un vote de confiance.

Par ailleurs, l’on devrait être plus précis en parlant sans peur du contrôle de l’action du Président de la République et globalement de celle de l’exécutif. Cette globalisation de l’action de l’exécutif prendrait en compte les structures parallèles étatiques créées qui viennent parfois supplanter l’action du Gouvernement tout en échappant au contrôle parlementaire.

D’anciens Chefs du Gouvernement ont souvent affirmé à raison qu’ils ne gouvernaient pas, ils voulaient dire qu’ils n’en étaient pas les chefs. Le Chef du Gouvernement étant le Président de la République et le Premier Ministre étant tout au plus Vice-président du Gouvernement.

L’observation de la vie politique renseigne sur le fait que le Premier Ministre passe plus de temps dans le bureau du Président que dans le sien et que les Ministres sont reçus avec une régularité déconcertante par le Président de la République, en l’absence voire à l’insu du Premier Ministre auquel peut être attribué le titre de coordonnateur de l’action gouvernementale, encore faut-il qu’il en maitrise tous les contours !

L’éthique du Pouvoir conduit donc à bien cerner l’institution qu’est le Président de la République, clé de voute de toutes les institutions, qui rend compte de sa gestion devant le peuple tous les 7 ans et qui s’accorde les moyens de réaliser et de tenir ses engagements.

De ce fait, les Députés devraient être des observateurs vigilants au service d’un peuple qui attend tous les jours les retombées positives de son choix volontaire d’un programme, lequel programme lui est soumis et s’opère au travers des libertés acquises,fondamentales , sous-tendues par des mécanismes transparents, fiables et équitables qui rendent efficace ce choix, faut-il le rappeler, d’une femme où d’un  homme L’éthique du pouvoir est synonyme d’ exemplarité : celui qui l’incarne  doit y veiller pour ne   point succomber à la  tentation de se  servir mais de servir, en  développant un sens  aigu de  l’abnégation ! Cette attitude d’une grande dignité du Président de la République gommerait le sentiment de fierté chez ceux qui prennent pour eux, ce qui appartient à tous !

 Par Pierre-Claver MAGANGA MOUSSAVOU

Président du Parti Social Démocrate ».

Gabonactu.com


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