Le bataillon de sapeurs-pompiers accusé d’avoir jeté et oublié sa « victime » la colonne vertébrale cassée au CHU d’Owendo

Plus d’une semaine après son accident Moukou Mpolo est admise au CHUO © Gabonactu.com

Triste sort pour la petite Moukou Mpolo, 18 ans, élève au lycée international Célestin Mayika de Franceville. Elle qui voulait sauver sa collègue victime d’un malaise à la sortie des cours risque de mourir sur un lit d’hôpital au CHU d’Owendo où elle évacuée par hélicoptère dans un état critique après le spectaculaire accident à Franceville d’une ambulance des sapeurs-pompiers qui a défrayé la chronique.


Les faits : ce 9 novembre 2021, une camarade de Moukou Mpolo est victime d’un malaise à la sortie des cours. Ses camarades tentent d’arrêter un taxi mais sans succès. Comme par enchantement une ambulance des Sapeurs-pompiers passe par là. L’ambulancier constate l’attroupement avec l’élève allongée au sol. Il s’arrête promptement. Il embarque la malade et 5 de ses camarades dont Mouko Mpolo. Direction l’hôpital Amissa.

Sur le chemin, les élèves vivent l’enfer. L’ambulancier roule comme un fou. Panique à bord. Les élèves hurlent de peur et demandent au chauffeur de ralentir. Au contraire, les supplications des enfants excitent davantage l’ambulancier.

« Une copine nous a demandé de prier. On a commencé à prier lorsque tout à coup l’ambulance s’est renversée », a témoigné Moukou Mpolo.

C’était trop tard. L’ambulance a fait 4 tonneaux. Ce sont les badauds qui ont secouru l’ambulancier et les 6 élèves. Mouko Mpolo est la plus sérieusement touchée. Sa colonne vertébrale est cassée. Elle a perdu toute sensibilité de ses membres inférieurs. Elle ne peut plus s’asseoir, se mettre debout ou se mettre sur une autre position. L’hôpital Amissa impuissante a décidé d’évacuer l’élève vers Libreville, précisément au CHUO.

Le bataillon des sapeurs-pompiers impliqué dans cet accident semblait être démissionnaire. Son ambulancier retrouvé en état d’ivresse après le constat se serait tiré avec des simples égratignures. Une élève avait des cotes cassées. Elle a été opérée avec succès à Amissa.

Sous la pression du médecin traitant à Franceville et de la famille, l’antenne des Sapeurs-pompiers de Franceville réussi à affréter vendredi dernier un hélicoptère pour évacuer la jeune élève. Première surprise pour la mère de l’élève, lorsque l’hélicoptère se pose dans le jardin du CHU d’Owendo, personne n’est informée. Aucun représentant des sapeurs-pompiers, un corps relevant du ministère gabonais de la Défense.

Depuis vendredi, la petite francevilloise est seule avec sa mère, une veuve originaire de Bongoville. Toutes les deux sont abandonnées à leur triste sort alors que les ordonnances pleuvent et les examens per-opératoires.

C’est le Samu Social qui a assuré le transfert du patient vers l’hôpital militaire pour le scanner. « En dehors du Samu social gabonais, rien, rien… je suis abandonné avec l’enfant », larmoyait jeudi sa maman s’adressant à un reporter de Gabonactu.com

« Personne n’est venu assurer la prise en charge. Même pas l’assureur des sapeurs-pompiers. Je n’ai vu personne », a-t-elle sangloté.

Mouko Mpolo est consciente. Elle parle. Elle mange. Mais plus les jours passent, plus elle est inquiète. Une bible reste ouverte au chevet de son lit. Couchée par le dos, elle compte les plafonds et les jours qui passent et qui se ressemblent… dans l’oubli, dans l’abandon et sans avenir pour elle qui risque de laisser sa vie en voulant sauver celle de sa camarade. Sa maman est encouragée par les autres patients de se répandre sur les réseaux sociaux via une vidéo. Une solution que cette femme désœuvrée envisage finalement d’expérimenter pour sauver sa fille.   

Camille Boussougou


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