La lutte fratricide pour le leadership se poursuit dans le Moyen Ogooué

La publication de la liste des quinze sénateurs, pour compléter le nombre des Vénérables devant siéger au Palais Omar Bongo Ondimba, a été rendue publique  dans la nuit de vendredi à samedi dans un climat d’expectative généralisée dans la République.

Dans le Moyen Ogooué par exemple, où la nomination de Madame Berthe Mbene Mayer est vécue comme « une surprise du Chef » servie loin des empoignades chausses trappes et autres intrigues qui rythment la vie au quotidien entre les cadres politiques du parti au pouvoir  , mais également comme une possible solution destinée non seulement à calmer le jeu, tout en  reprenant la main, mais aussi  de s’assurer le contrôle politique de la province, nombreux sont ceux qui apprécient la recherche par le Chef de l’Etat d’un souci de tenir compte, dans cet exercice, des équilibres ethnolinguistiques et socioculturels.

D’une certaine manière, en ce qui concerne les sénatoriales qui ont mis les fangs dans leur majorité vent debout, une esquisse de réponse a été ainsi donnée à la gestion jusqu’ici calamiteuse et programmée des ressources humaines, manifestement à l’origine de toutes les débâcles électorales de ces dernières années.


Berthe Mbene Mayer,  qui a longtemps disparue des écrans radar  et stratège hors paire, toujours au bon endroit et au bon moment apparait comme une « revenante » sortie de sa tombe. C’est une lapalissade que d’affirmer qu’elle n’est ni une militante du PDG, ni un membre d’un parti de la Majorité Républicaine, sociale pour l’Emergence. Encore moins une proche d’Ali Bongo Ondimba qu’elle n’avait jamais cessé de pourfendre à chacune de ses sorties politiques en public. Bref, Berthe Mbene Mayer n’est ni plus ni moins qu’une opposante radicale en bonne et due forme, qui s’en réclame toujours et qui n’est pas prête à se renier.

Au-delà de la surprise entourant ce choix qui, d’une certaine manière rétablit les équilibres, même si à Lambaréné et Ndjolé, on hurle et dénonce une nouvelle entourloupe d’Ali Bongo, contre les fangs qui se battent pour lui dans le Moyen-Ogooué, plusieurs observateurs notent que Mbene Mayer est venue, au regard du climat politique conflictuel en cours, déjouer bien de pronostics et ruiner bien d’ambitions des hauts cadres et dignitaires politiques émargeant dans les archives du PDG.

Ils en veulent pour preuves l’offensive médiatique de Monsieur Richard Auguste Onouviet, pourtant à la lisière des activités politiques depuis quelques années déjà et dont les partisans regretteraient sa retraite politique qualifiée de précoce.

Toutes et tous y voyaient l’occasion tant espérée de remettre sur orbite leur mentor et d’attirer sur sa personne les choix en cours de compositions dans les centres de décision.

Ce qui aurait permis à cet ancien dignitaire de la République, que ses partisans présentent comme un fin stratège, connaisseur des arcanes du pouvoir et des hommes qui l’incarnent, de sauver, affirment-ils, le pouvoir émergeant selon eux en difficultés et bien entendu le Moyen-Ogooué qui sombre politiquement au point de devenir incontrôlable.

Autre élément mis sur la balance pour contraindre  Ali Bongo Ondimba d’opter en faveur du retraité politique « précoce », le bilan de son long séjour au Gouvernement et au perchoir, avec à la clé des actes positifs et visibles sur le terrain.

Ils en prennent pour exemple l’immeuble des Eaux et Forêts qui se dresse majestueusement en face de la Primature à Libreville.

Parallélisme de formes oblige, ces mêmes partisans, comme préalablement galvanisés, jettent un regard inquisiteur et à la limite provocateur contre les tenants du pouvoir actuel dans la province, donc Madeleine Berre et Denise Mekamne, mais aussi et surtout, un camp manifestement ciblé : celui de Joël Bernard Ogouma, l’adversaire politique patenté et reconnu comme tel de Richard Auguste Onouviet et qui ne lui a jamais pardonné  d’être l’auteur de sa déchéance politique de plus en plus irréversible. Joël Ogouma a rejoint depuis l’élection du membre du bureau politique du premier arrondissement de Lambaréné qui a tourné au drame politique dans le pays, la liste noire du « retraité politique précoce » devenu.  Son nom et son matricule ont été ajoutés à ceux de Georges Rawiri et Rose Francine Rrogombé, qui ont eu le privilège et le malheur de gérer le Moyen-Ogooué avant lui.

Cet acharnement inlassable de nuire de déstabiliser et de liquider politiquement Joël Bernard Ogouma pousse ses contempteurs aux ordres, non seulement à fouiller dans les poubelles de l’histoire, mais de verser dans les inventions et les affabulations les plus audacieuses. Ce faisant, ils oublient que rares sont ceux qui peuvent revendiquer la sainteté du cœur et la pureté des actes. Dont celui qu’ils veulent défendre et qu’ils vénèrent : Richard Auguste Onouviet.

Pour preuve, toute la tourmente qui oscille depuis autour du coût réel du siège actuel de l’immeuble du Ministère des Eaux et Forêts l’un de ses trophées de guerre contre Ogouma qui n’aura pas de son coté réussi à sortir le bâtiment de l’Hôtel des Impôts.

Il y a quelques années et plus particulièrement du temps où Richard Auguste Onouviet y était le Chef de département des Eaux et Forêts, l’opinion avait était informée de ce que les travaux avaient couté la bagatelle d’un peu moins d’un milliard de francs cfa. Ce qui avait surpris plus d’un financier sérieux.

La réalité est tout autre. Et pour s’en convaincre, il suffit de regarder la traçabilité financière de cet investissement.

Le silence des écritures comptables et budgétaires révèle que les travaux ont été financés à hauteur de onze milliards de francs cfa, soit un gap d’un peu plus de dix milliards de francs cfa.

Camille Boussoughou


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