ITIE : les compagnies pétrolières disposées à contribuer au rapport attendu en 2022

La présidente de l’Union pétrolière des entreprises du Gabon (UPEGA), Jacqueline Bignoumba a rassuré la semaine écoulée que les sociétés membres de l’UPEGA sont disposées à contribuer au rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) attendu en 2022.

Jacqueline Bignoumba a donné ces assurances à une délégation de la société civile en mission de sensibilisation à Port-Gentil, cité pétrolière et capitale économique du Gabon du 26 au 28 novembre.


« Nous n’avons pas de problèmes particuliers à travailler avec la société civile tant que nous restons dans les normes. Nous avons tous la volonté de repartir et de remplir toutes les conditions nécessaires pour que le premier rapport 2022 soit le plus possible en accord avec les principes de l’ITIE», a notamment déclaré la présidente de l’UPEGA.

Le Gabon avait rejoint l’ITIE en 2007, mais avait perdu son statut de pays mettant en œuvre l’ITIE lorsqu’il avait été radié en février 2013 pour n’avoir pas soumis son rapport dans les délais requis.

 Les membres de l’ITIE Gabon et les représentants de l’ONEP © DR 

Libreville a à nouveau été admis comme membre de l’ITIE par le Conseil d’administration de l’Initiative le 21 octobre dernier soit 8 ans après son exclusion.

Après la rencontre avec la présidente de l’UPEGA, les membres de la délégation de l’ITIE conduits par Guy René Mombo Lembomba ont eu un entretien avec le Secrétariat général de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP).

« C’est important que nous sachions que l’ITIE existe et qu’il y a des représentants de la société civile qui vont collaborer avec nous. Cette initiative est à saluer, nous restons ouverts et disposés à travailler avec vous. Nous restons disponibles surtout pour bénéficier d’un meilleur accompagnement pour mieux connaitre la norme ITIE. Nous souhaiterions bénéficier des séminaires de formation sur une présentation générale de la norme », a suggéré Sylvain Mayabith Binet, Secrétaire général de l’ONEP.

« Nous ne saurons développer notre pays si les populations qui vivent dans les zones extractives croupissent dans une précarité absolue. Nous avons des sociétés pétrolières et notre travail consiste à ce que cette manne puisse profiter à tous. Au regard de l’état de la route et de la précarité grandissante, l’ITIE vous permettra de connaitre où va l’argent du pétrole et celui des communautés », a pour sa part exhorté le membre chargé de l’environnement au sein de l’ITIE Gabon, Yvon Martial Ntzantzi Miyagou s’adressant aux communautés locales.

 Les membres de l’ITIE Gabon et les représentants de l’UPEGA © DR 

Les communautés locales très enthousiastes ont salué cette campagne de sensibilisation qui, pour elles, est une première permettant de soulever les questions qui leurs semblaient tabous.

« Je suis ravie d’avoir assisté à cette campagne de sensibilisation sur la norme ITIE. Ce que je retiens c’est qu’il s’agit de la bonne gouvernance, la transparence dans les industries extractives. Espérons vivement que nous allons arriver car les réalités que nous, populations de la ville économique connaissons sont très loin de la transparence.  Cette initiative est donc une aubaine pour que nous puissions savoir où va réellement l’argent du pétrole », a réagi un leader d’opinion dans la cité pétrolière.

En acceptant son retour dans la norme ITIE, le Gabon s’est engagé à renforcer la transparence dans la chaîne de valeur des industries extractives, depuis les contrats, les licences et la propriété des entreprises jusqu’à la gestion des revenus et des dépenses. La publication de ces informations constituera une étape importante pour le Gabon, où les données ouvertes ou accessibles sur le secteur extractif ne sont pas encore disponibles.

À cette fin, l’ITIE Gabon a élaboré un plan initial visant à améliorer la gouvernance et la transparence des industries extractives, afin de gérer le secteur d’une manière qui favorise une croissance économique inclusive et un développement durable.

Betines Makosso


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