Economie : le Gabon veut sérieusement intégrer le gaz dans son développement économique

Plus d’un demi-siècle après le début de son aventure pétrolière, le Gabon veut sérieusement intégrer le gaz, actuellement brûlé dans la nature, comme un des principaux facteurs de son développement économique, selon Yann Pierre Albert Yangari, chef du projet gaz au sein Conseil national du Plan de l’accélération de la transformation (PAT).

Yann Pierre Albert Yangari a partagé cette vision des autorités gabonaises jeudi dernier lors d’une grande réunion de la Task force sur la stratégie gazière. La rencontre a regroupé les représentants des compagnies pétrolières opérant dans le pays et les responsables des administrations impliquées dans le PAT.


Le technicien gabonais a rappelé avec regret que le Gabon importe 80% du gaz butane consommé dans les ménages alors que cette ressource est disponible dans le pays. Autre indicateur étonnant, le Gabon brûle quasi systématiquement tout le stock de gaz découvert dans les champs pétroliers du pays. Une petite quantité seulement est transformée en énergie.

Pour sortir de cette espèce de malédiction, l’administration gabonaise dit avoir changé d’approche. Dans le passé, a rappelé Yann Pierre Albert Yangari, l’administration jouait au père fouettard sur cette question du gaz.

Les opérateurs étaient sommés de mettre fin au « torchage » dans un délai unilatéralement fixé par l’Etat, lui-même inspiré par les instances internationales. Des amendes étaient également infligées aux opérateurs pour non-respect de certaines directives.

La nouvelle approche impulsée par le PAT est inclusive. Il prône le dialogue, la négociation et la mise en commun des connaissances pour parvenir à faire du gaz, une nouvelle industrie qui participera pleinement au développement du Gabon.

Selon une récente étude commandée par les autorités gabonaises, le Gabon dispose des réserves gazières d’environ 100 milliards de mètres cube.

« Nous ne sommes pas le Qatar mais c’est largement important pour notre industrie », a estimé M. Yangari.

Fin du torchage et monétisation

La Task force sur la stratégie gazière envisage à long terme la fin du torchage du gaz au Gabon.

« La présence du gaz dans les champs pétroliers au Gabon ne doit plus être considérée comme un risque mais une opportunité », a martelé le technicien gabonais qui a fait constater à l’assistance qu’aujourd’hui, le gaz est torché il est brûlé, il est gaspillé avec des conséquences énormes sur l’environnement.

« Il est question de dire aux opérateurs pétroliers qu’au lieu de brûler ton gaz, nous on vient avec un projet qui te permet d’utiliser ton gaz et gagner de l’argent. C’est l’opérateur qui gagne, c’est le porteur du projet qui gagne et c’est l’environnement qui gagne à travers la réduction des émissions de gaz à effet de serre », a conclu Yann Pierre Albert Yangari.

Yann Pierre Albert Yangari © Gabonactu.com

Des rencontres plus pointues sont prévues dans les tous prochains jours pour lier l’acte à la parole. Les membres de la Task force sur la stratégie gazière sont les compagnies pétrolières, les directions générales de l’énergie, des hydrocarbures et de l’environnement ainsi que le Conseil national du climat. Tous sont chapeautés par le ministère du Pétrole et du gaz.

Carl Nsitou


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