Du fond de sa cellule Bertrand Zibi cogne fort sur le pouvoir qui le maintient en prison depuis 5 ans

Le prisonnier Bertrand Zibi Abeghe a adressé, du fond de sa cellule à la prison centrale de Libreville une lettre ouverte à l’attention du Représentant de l’Union européenne au Gabon, Rosario Binto Pais dans laquelle il tape violement sur le pouvoir en place qu’il qualifie de dictature et qui le maintient arbitrairement en prison depuis 5 ans, selon lui.

Dans cette lettre de 5 pages et 2 606 mots, Bertrand Zibi Abeghe qui se présente comme un prisonnier politique décrit ses épouvantables conditions de détention à « Sans famille » où il affirme avoir été torturé à plusieurs reprises.

L’ancien député du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) qui avait claqué la porte de ce parti pour rejoindre l’opposition à la veille de la présidentielle de 2016 révèle les raisons de son interpellation le 1er septembre 2016.

Il était accusé, dit-il d’avoir réuni des généraux et des civils à qui il aurait remis des uniformes et des armes pour perpétrer un coup d’Etat.

Cette partie de son histoire était très peu connue du grand public.

Pour avoir refusé de signer le procès verbal établi sur ces accusations, l’homme politique s’est vu être poursuivi pour d’autres chefs d’accusations. Détention d’une arme de guerre de type kalachnikov avec 5 munitions, ou encore la supervision de la bastonnade d’un citoyen.

Du fond de sa cellule, Bertrand Zibi Abeghe affirme avoir été violemment bastonné.  « La première fois, c’était à la suite d’un coup de fil passé par Carl Mihindou-Mi- Nzamba à son frère et ami Franck Ping, conversation interceptée par les services d’écoute de la Présidence de la République gabonaise. A la suite de ce coup de fil, qui ne me concernait en rien, j’ai été, sauvagement, torturé avec Carl et les autres résidents du quartier spécial « B », simplement parce que nous étions dans le même quartier. A la suite de cette mémorable bastonnade avec des gourdins, j’ai eu la clavicule fracturée. Faute de soins, la fracture a, malheureusement, mal cicatrisé. Je dois me faire opérer d’urgence, parce que cette partie du corps humain est très sensible », explique-t-il.

Le détenu soutient que malgré cette fracture visible, à l’œil nu, « je n’ai droit à aucun soin. Je n’ai même pas le droit de me rendre dans une structure hospitalière, pour y subir des examens et faire des radios ».

La deuxième deuxième fois qu’il a été torturé (…)  « a été celle relative à la découverte de journaux de l’opposition (Echos du Nord, la Loupe, le Temps, Missamu, le Nganga, etc.). A la suite de cette découverte de simples journaux, mon nom avait été cité comme le propriétaire de ces journaux. Ce qui m’a valu non seulement une bastonnade mémorable, mais encore et surtout un changement de quartier. J’ai donc été envoyé au C/A, quartier des fous, où je suis resté près de quatre (4) ans ».

Bertrand Zibi Abeghe sollicite l’appui de l’Union européenne pour le sortir de prison.

« Je voudrais simplement retrouver ma petite fille adorée Zoé, que j’ai laissée à deux mois et qui est maintenant une grande jeune fille allant à l’école. Je voudrais retrouver mes adorables enfants, qui sont privés de l’amour de leur père depuis trop longtemps. Je voudrais revoir les visages radieux de tous mes frères et sœurs et de tous les membres de ma famille et de tous mes amis et connaissances. Je voudrais prendre dans mes bras ma chère Marie-Claire Akule Obounou, une femme exceptionnelle, qui m’a donné l’amour du travail, l’esprit de famille, le courage dans les épreuves, le sens élevé de l’honneur et l’intégrité. Je voudrais chérir ma compagne qui m’a toujours apporté tout son amour et toute son affection durant ces cinq (5) dernières années. Je voudrais voir vieillir ma chère mère Akele Obounou, elle qui a tout donné pour ses enfants. Je voudrais revoir le visage de mon beau-père Alain Gerland, ce Français qui a abandonné sa France natale, pour venir vivre au Gabon avec sa charmante épouse Madame ma mère. Je voudrais revoir mon village Bouth Engasse. Je voudrais aller fleurir la tombe de mon défunt père Gaston Abeghe Zibi, qui a été un homme d’une douceur incomparable et d’un sens élevé de la famille, un homme de paix et de consensus, le pilier sur lequel nous nous reposions », supplie-t-il sans parler de son avenir politique après sa sortie de prison.

Bertrand Zibi est poursuivi pour détention illégale d’arme à feu, instigation aux violences et voie de fait. Il a été interpellé au QG de Jean Ping le soir du 31 août 2016 et jeté en prison après un passage au B2 (service des renseignements militaires). Pour ses partisans, l’ex député de Bolossoville (Minvoul) est un prisonnier politique. Le pouvoir soutient qu’il est un simple détenu de droit commun.

Il a été condamné le 1er mars par la Cour d’appel à 6 ans de prison ferme et une amende de 10 millions de FCFA. Il a décidé de se pourvoir en cassation.

Camille Boussoughou

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