Dans le département de Bendjé, dans la province de l’Ogooué-Maritime, les dépôts sauvages d’ordures se multiplient depuis plusieurs années, faute de bacs à déchets et d’un système régulier de collecte. De la cité Ndaot à Sogaresse, en passant par N’tchengué, les déchets ménagers s’accumulent au bord des routes et près des habitations, exposant les populations à des nuisances et à des risques sanitaires.
Sur l’axe Cité Ndaot-Sogaresse, le constat est particulièrement visible. Sacs plastiques, restes alimentaires, bouteilles et emballages abandonnés forment des dépotoirs à ciel ouvert. Selon les riverains, plusieurs quartiers du département ne disposent d’aucun bac à ordures. Une situation qui pousse certains habitants à déposer leurs déchets dans les espaces disponibles.
« Moi, je n’ai jamais vu un seul bac à ordures ici depuis 20 ans que je suis dans le quartier. Que l’on quitte la cité Ndaot, chez Wora, Favom, Papa-Moto, Carrefour du Stade, Sogaresse et même à N’tchengué, au petit village, c’est pareil. Aucun bac à déchets n’est visible. On fait comment dans ce cas ? On jette partout, partout », déplore Émilie Bouassa.
Au-delà de la dégradation du cadre de vie, ces dépôts représentent un risque pour l’environnement et la santé publique. Les déchets en décomposition dégagent des odeurs désagréables, tandis que les eaux stagnantes peuvent favoriser la prolifération des moustiques. Les plastiques abandonnés polluent les sols et peuvent obstruer les caniveaux, avec des conséquences sur l’évacuation des eaux de pluie.
L’insuffisance des moyens financiers est régulièrement avancée pour expliquer le manque d’équipements et les difficultés de collecte. Mais cette justification ne convainc pas tous les habitants, qui rappellent que le problème persiste depuis de nombreuses années, y compris lorsque les ressources budgétaires étaient plus importantes.
Pour Benoît Koumba, les entreprises implantées dans le département pourraient aussi contribuer à la recherche de solutions. « Mais quand le budget était très conséquent, y avait-il des bacs et une collecte régulière des déchets ménagers ? Jamais ! Que le CDB demande aux entreprises une dotation », suggère-t-il.
La contribution des opérateurs économiques, à travers des partenariats ou des actions de responsabilité sociétale, pourrait aider à financer l’acquisition de bacs. Mais la gestion des déchets relève aussi des autorités compétentes, qui doivent organiser des circuits de ramassage réguliers, installer des équipements dans les zones les plus touchées et sensibiliser les habitants aux bonnes pratiques. Les opérations ponctuelles de nettoyage ne suffisent pas à régler un problème qui s’étend sur plusieurs quartiers.
À Bendjé, les populations réclament avant tout un service de collecte capable de répondre aux besoins des quartiers. La propreté des espaces publics ne relève pas du confort, mais de la santé et de la dignité des habitants. Tant que les équipements et les moyens de ramassage feront défaut, les dépôts sauvages continueront de gagner du terrain, au détriment de l’environnement et du cadre de vie.
Jean-Jacques Rovaria
