Prisons surchargées : Le Gabon étudie l’option du bracelet électronique

Les ministres gabonais et sénégalais de la Justice (face à face, aux deux extrémités de la table), leurs collaborateurs et le représentant du partenaire technique GEOSATIS, à Dakar @ DR

Le Gabon envisage le recours au bracelet électronique pour réduire la surpopulation carcérale et limiter les incarcérations. En mission au Sénégal, jusqu’à ce mercredi 21 octobre, le ministre en charge de la Justice et droits humains, Augustin Emane, a rencontré son homologue et doit visiter le Centre national de surveillance électronique de Dakar afin d’étudier ce dispositif et d’évaluer son adaptation au système judiciaire gabonais.

Entre Augustin Emane et le ministre sénégalais de la Justice, Me Moussa Saar, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération judiciaire. Les échanges ont notamment mis un point d’honneur sur la surveillance électronique des personnes placées sous-main de justice.

Au Sénégal, ce système permet de contrôler à distance les déplacements des personnes concernées et de signaler les violations des obligations fixées par le juge.

Cette piste intervient dans un contexte de forte surpopulation carcérale au Gabon. En février dernier, la prison centrale de Libreville comptait environ 3 500 détenus, dont seulement 500 à 600 avaient déjà été jugés, selon les chiffres communiqués par le ministre. À Mouila, la maison d’arrêt, prévue pour 50 personnes, hébergeait plus de 400 détenus lors d’une visite ministérielle en mai 2026.

Le bracelet électronique pourrait permettre à certains justiciables de respecter leurs obligations judiciaires hors des prisons, sous contrôle des autorités. Son éventuelle mise en place nécessitera toutefois de définir les personnes éligibles, le cadre légal, le financement et les moyens techniques nécessaires. L’appui de GEOSATIS, une entreprise spécialisée dans la surveillance électronique, accompagne cette phase d’étude.

Pour l’heure, aucune date de déploiement n’a été annoncée au Gabon. Les autorités doivent encore évaluer les conditions d’application du dispositif avant toute décision. Cette démarche viendrait compléter les mesures déjà engagées, notamment l’examen des détentions irrégulières et le projet de construction d’une prison de haute sécurité à Nkoltang, prévue pour accueillir 1 108 détenus.

Alph ’-Whilem Eslie et Stone Ferrari Mikala

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