Le vice-président du gouvernement gabonais, Hermann Immongault, a lancé lundi 19 octobre 2026, à la Cité de la démocratie de Libreville, les activités marquant le 43e anniversaire de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Journée de l’intégration régionale. Placée sous le thème « Consolider l’intégration régionale pour une Afrique centrale intégrée, pacifique, prospère et solidaire », cette célébration met en lumière les acquis de l’organisation et les défis qui restent à relever.
La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur Dr Ezéchiel Nibigira, président de la Commission de la CEEAC, de représentants des missions diplomatiques, des délégations des États membres et de membres du gouvernement gabonais.

Au nom du chef de l’État gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema (empêché), Hermann Immongault a rendu hommage aux fondateurs de l’organisation régionale, créée le 18 octobre 1983 à Libreville. « La CEEAC, ce flambeau de fraternité légué par nos aînés, nous incombe désormais. Il est de notre responsabilité de le maintenir ardent et de le transmettre intact aux générations futures. Nous saluons la mémoire et la vision de ces illustres pionniers », a-t-il déclaré.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée équatoriale et président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, a pour sa part appelé les États membres à dépasser la portée symbolique de la célébration. « La CEEAC doit être, de maintenant en avant, une communauté de peuples et une communauté de résultats », a-t-il insisté, en exhortant les pays membres à honorer leurs engagements financiers pour assurer la réalisation des objectifs communautaires.

L’ambassadeur Dr Ezéchiel Nibigira, président de la Commission de la CEEAC, a salué l’engagement des autorités gabonaises et des États membres en faveur de l’intégration régionale. Il a souligné que « notre Communauté a enregistré des avancées significatives, notamment dans les domaines de la coopération politique, de la paix et de la sécurité, de l’intégration économique et du renforcement de son cadre institutionnel ». Il a néanmoins relevé les défis persistants : l’insécurité, la faiblesse des échanges intracommunautaires, l’insuffisance des infrastructures, les obstacles à la libre circulation et les contraintes de financement. Pour lui, l’intégration ne doit pas rester une ambition institutionnelle, mais produire des effets perceptibles dans la vie quotidienne des populations.
Signé à Libreville le 18 octobre 1983, le traité instituant la CEEAC a posé les bases d’une coopération entre onze États d’Afrique centrale : l’Angola, le Burundi, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et le Tchad. Le traité révisé, adopté le 18 décembre 2019, est entré en vigueur le 28 août 2020 et a accompagné une réforme institutionnelle visant à renforcer le fonctionnement de l’organisation. Quarante-trois ans après sa création, l’enjeu reste de transformer les engagements régionaux en résultats concrets pour les populations, notamment en matière de mobilité, de commerce, d’infrastructures et de sécurité. La Commission a engagé l’élaboration d’une vision de la CEEAC à l’horizon 2050, qui doit être soumise à la prochaine Conférence des chefs d’État et de gouvernement.
Nkili Akieme
