Le Français Romain Granjon réclame le retour en France de ses deux enfants, âgés de 16 et 11 ans, bloqués au Gabon où ils étaient initialement venus en vacances avec leur mère, d’origine gabonaise.
Selon une documentation obtenue par la rédaction de Gabonactu.com, Romain Granjon était officiellement marié à la mère gabonaise de ses enfants. De cette union sont nés trois enfants.
Chemin faisant, le rêve d’amour s’est progressivement brisé entre le Français et la Gabonaise. Une procédure de divorce a même été engagée devant le juge aux affaires familiales de Lyon par le mari.
Pendant cette procédure qui n’a pas encore aboutie, le Français avait sollicité une interdiction de sortie du territoire français pour ses enfants. La justice avait rejeté cette demande, des billets aller-retour ayant été communiqués par le conseil de son épouse.
La Gabonaise est arrivée au Gabon avec ses trois enfants en 2025. Aucun d’entre eux n’a depuis regagné la France. Une décision de justice a reconnu la garde exclusive des deux derniers enfants à Romain Granjon, qui a saisi la justice gabonaise pour faire exécuter cette décision.
Une audience est prévue ce 10 septembre au tribunal de première instance de Libreville pour statuer sur cette affaire très complexe, selon des documents consultés par la rédaction de Gabonactu.com.
Maître Francis Nkea Ndzigue, avocat gabonais du Français, a porté plainte à Libreville « pour déplacement illicite international d’enfant et demande de restitution immédiate (fondée sur la Convention de La Haye du 25 octobre 1980) ».
Dans sa plainte, Me Nkea Ndzigue exige notamment « la mise en œuvre des mécanismes de coopération internationale, notamment via l’autorité centrale compétente, conformément à la Convention de La Haye de 1980, notamment le Ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères ».
La Gabonaise, pour sa part, a soutenu devant la justice française, par l’intermédiaire de ses avocats, avoir subi des traumatismes psychologiques au sein de son foyer en France — un traumatisme qu’auraient également subi les enfants, surtout les deux mineurs dont le dernier qui souffre d’une maladie entraînant un trouble de comportement.
Les nombreuses procédures engagées en France contre son épouse continueraient, selon les déclarations de la Gabonaise à la justice française, à envenimer la relation, y compris avec les enfants.
Elle réclame une aide à son époux français, qu’elle accuse de ne pas assumer ses responsabilités. Celui-ci a quant à lui souligné devant la justice française que son épouse dispose au Gabon de trois comptes bancaires, de sociétés et d’autres biens — donc d’une situation financière stable, ce que la Gabonaise conteste.
La Gabonaise, dont nous dissimulons volontairement l’identité, soutient qu’elle prend seule en charge les enfants, inscrits dans des établissements privés à Libreville. Leur père s’étant opposé à leur radiation en France, ils n’ont pas le droit de s’inscrire dans un lycée français au Gabon.
La bataille entre le Français et son épouse, avec le destin des enfants en jeu, n’est pas près de s’achever.
Au cœur du déchirement du couple figurent aussi des questions d’argent, notamment le remboursement des crédits contractés ensemble.
Carl Nsitou
