L’artiste musicien Carlyto, l’auteur de la célèbre chanson « Makolo ya Masiya » est décédé

La musique congolaise est en deuil. L’une de ses voix les plus singulières vient de s’éteindre. Carlyto Lassa, de son vrai nom Charles Ndombasi Lassa, est décédé le 31 août 2026 à Cincinnati, dans l’Ohio, aux États-Unis, à l’âge de 65 ans. Plusieurs médias congolais évoquent une crise cardiaque, survenue alors que l’artiste venait de participer à une campagne d’évangélisation.

Avec sa disparition, c’est une page importante de la rumba congolaise qui se tourne. Mais au-delà des frontières de la République démocratique du Congo, son œuvre continue de vivre dans les souvenirs de milliers de mélomanes, notamment au Gabon, où certaines de ses chansons ont traversé les générations.

Parmi les titres qui ont profondément marqué son parcours, « Makolo ya Masiya », sorti en 1996 sur l’album Africa na Moto, occupe une place toute particulière. Devenu au fil des années un véritable classique, ce morceau a également conquis le public gabonais. Depuis l’annonce de la disparition de Carlyto Lassa, nombreux sont ceux qui évoquent cette chanson avec émotion, comme un souvenir familial remontant aux fêtes, aux célébrations et aux moments de partage auprès des parents.

« Makolo ya Masiya », c’est ainsi bien plus qu’une chanson pour toute une génération. C’est une œuvre transmise de père en fils, de mère en enfant, un air musical qui a traversé le temps sans perdre de sa force ni de son pouvoir évocateur.

Né le 15 janvier 1961 dans le Kongo-Central, Carlyto Lassa grandit entre Matadi et Kinshasa. Avant de faire de la musique sa véritable vocation, il exerce comme tailleur-couturier. Mais sa voix exceptionnelle finit par attirer l’attention du monde artistique.

À la fin des années 1970, son talent est remarqué par Gérard Madiata, qui contribue à l’ouvrir davantage à l’univers de la musique congolaise. Le jeune chanteur se rapproche alors de grandes figures de la rumba, parmi lesquelles Lutumba Simaro et Papa Noël Nedulé.

Sa voix se fait progressivement une place dans le paysage musical congolais. Il interprète notamment des titres comme « Maya » et « Le Bon Samaritain », tandis que son nom demeure étroitement associé à l’univers prestigieux du TP OK Jazz, véritable institution de la musique congolaise.

En 1986, une nouvelle étape s’ouvre dans sa carrière lorsqu’il rejoint Choc Stars, l’un des orchestres les plus populaires de cette époque. Aux côtés de plusieurs grandes voix de la scène congolaise, Carlyto Lassa participe à une période importante de son parcours artistique avant de se lancer dans une carrière solo au cours des années 1990.

Mais alors que sa trajectoire musicale semblait s’inscrire durablement dans l’univers de la musique profane, la vie de l’artiste prend un tournant décisif au milieu des années 1990. Sa conversion au christianisme bouleverse profondément ses choix et son orientation.

Progressivement, Carlyto Lassa se détourne de la musique profane pour mettre sa voix au service de sa foi et de l’Évangile. Celui qui avait conquis les scènes et les mélomanes devient alors chantre, évangéliste puis pasteur missionnaire.

Jusqu’à ses derniers jours, il poursuivra ce chemin spirituel avec la même conviction, continuant de transmettre sa foi au-delà des frontières et des générations.

Aujourd’hui, Carlyto Lassa laisse derrière lui bien plus qu’une discographie. Il laisse l’image d’un artiste à la voix immédiatement reconnaissable, d’un homme dont le parcours aura été marqué par la musique, la foi et une quête constante de transmission.

De la rumba congolaise aux chants dédiés à l’Évangile, de Kinshasa à Cincinnati, son itinéraire aura traversé les époques et les frontières. Et si l’homme s’en est allé, sa voix, elle, continuera sans doute de résonner dans les maisons, les souvenirs et les cœurs.

Au Gabon comme au Congo et partout ailleurs où sa musique a été écoutée, « Makolo ya Masiya » restera certainement l’un de ces morceaux qui réveillent instantanément une époque, un visage ou un souvenir.

Carlyto Lassa s’en est allé, mais sa voix, elle, appartient désormais à la mémoire collective.

Antoine Relaxe

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.