Eddy Narcisse Minang n’a pas été empêché de quitter le territoire (proche)

Suspendu de ses fonctions de Procureur général depuis juin et objet d’une révocation prononcée le 25 août par le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature, Eddy Narcisse Minang n’a pas été interdit de quitter le territoire gabonais comme l’a prétendu une rumeur répandue ce lundi sur les réseaux sociaux.

« Intox, infox », a sèchement clamé sous couvert de l’anonymat un de ses proches joint au téléphone par un journaliste de Gabonactu.com

« Qu’est-ce qu’on lui reproche. Pourquoi peut-on l’humilier à ce point », a sangloté la même personne parlant de harcèlement d’un haut magistrat et surtout d’un père de famille livré à la vindicte populaire.

« Un ancien Secrétaire général du ministère de la justice, victime d’un lynchage similaire avait été victime d’un accident vasculaire cérébral et en est décédé », a rappelé la source inquiète pour M. Minang.

Le 9 juin dernier, Eddy Narcisse Minang a été suspendu par le ministre de la Justice, Augustin Emane. Ses proches estiment que cette suspension est contraire à l’article 150 du Statut des Magistrats. D’après cette disposition, seul un magistrat en fonction peut suspendre un autre. Les raisons et les preuves de la décision du ministre ne lui auraient jamais été notifiées.

Ses proches soutiennent par ailleurs que la procédure dont Eddy Narcisse Minang a été l’objet auprès du conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature a été irrégulière. Son nom aurait apparu dans le rôle de ce conseil seulement le 25 août quelques heures avant la tenue du conseil. L’instance a prononcé la révocation du magistrat.

Toutes ces informations ont été précédemment relayées par « La presse judiciaire », un média spécialisé sans être contestées.

La révocation ne signifie pas radiation, précise une source proche du ministère de la justice. Seul le conseil supérieur de la magistrature peut prononcer la radiation d’un magistrat, selon le statut général de ce corps très hiérarchisé et réglementé.

Un conseil supérieur de la magistrature se réunira dans quelques semaines. Il statuera également sur le cas des autres magistrats sanctionnés par le conseil de discipline du 25 août dernier.

En effet, M. Minang figurait parmi une dizaine de magistrats dont le dossier a été examiné par le Conseil de discipline.

Parmi les autres sanctions : une exclusion temporaire de douze mois avec privation partielle de traitement pour l’ancien procureur de la République de Libreville, Bruno Obiang Mvé ; un blâme avec inscription au dossier pour Valérie Koumba, Bléra Ayiquise Ibinga, Carmela Béyo Adiatoulai et Vanida Charlène Mengue Ogandaga ; une révocation pour la juge d’instruction Leïla Laétitia Ayombo Moussa épse Biam et pour Urbain Massala.

Pour sa part, le magistrat Quevin Mozogo Eya écope d’une relaxe puis, dans un second dossier, d’une exclusion temporaire de douze mois avec privation totale de traitement.

Camille Boussoughou

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