Eddy Narcisse Minang figure du procès des Bongo radié de la magistrature

L’ancien Procureur général, Eddy Narcisse Minang, figure du procès des Bongo organisé à Libreville en novembre 2025 a été radié de la magistrature en raison de plusieurs affaires de malversations et d’interférences judiciaires supposées, a appris Gabonactu.com de source proche du Ministère de la justice.

Eddy Narcisse Minang était sur la liste d’une dizaine de magistrats convoqués ce mardi par conseil de discipline. Plusieurs sources indiquent qu’il ne s’est pas présenté. Il aurait été donc frappé sans avoir été écouté.

Pour appel, Eddy Narcisse Minang, a été préalablement suspendu le 9 juin 2026 par le ministre de la Justice. Il pésait déjà contre lui les accusations de malversations dans un dossier d’un homme d’affaire chinois ayant éclaboussé plusieurs personnes du secteur judiciaire.

Eddy Narcisse Minang est aussi accusé d’interférences judiciaires supposées notamment dans l’affaire des bons de caisse du ministère de l’Education nationale.

Eddy Narcisse Minang en bref

Magistrat hors hiérarchie, Eddy Narcisse Minang est docteur en droit de l’université Paris-Panthéon-Assas. Il a soutenu sa thèse sur le thème des crimes rituels au Gabon. Il a exercé au tribunal de Franceville avant celui de Libreville où il occupait le poste de procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville avant sa suspension.

Le procès Bongo, moment de notoriété


C’est lui qui a porté l’accusation dans l’affaire Sylvia et Noureddin Bongo, procès fleuve retransmis en direct à la télévision nationale, où il s’est imposé comme le visage implacable du ministère public. Théâtral et intraitable dans ses réquisitoires, il avait requis vingt ans de réclusion criminelle pour détournement massif de fonds publics, peine effectivement prononcée par contumace contre le duo mère-fils.

Controverses et contestations


Sa notoriété lui a valu autant d’admirateurs que d’adversaires. En février 2026, les avocats de Sylvia et Noureddin Bongo ont saisi les autorités académiques françaises pour contester la légitimité de son titre de docteur en droit, dénonçant ce qu’ils qualifiaient de « parodie de justice ». Il a également fait l’objet de plusieurs rumeurs d’interpellation, systématiquement démenties par la justice gabonaise elle-même.

La suspension de juin 2026


Le 9 juin 2026, il a été suspendu de ses fonctions par le ministre de la Justice, en raison de plusieurs affaires de malversations et d’interférences judiciaires supposées. Il a saisi le ministre d’un recours gracieux demandant l’annulation de la mesure, tout en rejetant en bloc les accusations par la voix de ses proches, qui y voient une manœuvre politique liée au procès Bongo. À ce jour, l’issue de la procédure disciplinaire annoncée n’a pas été rendue publique.

Carl Nsitou

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