Budget 2026 : bras de fer au Conseil municipal

Le Conseil municipal de Libreville a rejeté, jeudi 9 avril 2026, le projet de budget primitif pour l’exercice à venir, à l’issue d’une session particulièrement tendue. Initialement prévue sur deux jours, la rencontre s’est transformée en un véritable bras de fer de 24 heures entre l’exécutif municipal et les conseillers. Le vote final, marqué par une opposition massive, acte un désaveu politique majeur.

D’un montant global de 30,7 milliards de FCFA, soit une hausse d’environ 20 % par rapport à l’année précédente, le budget a été jugé « irréaliste » et « non sincère » par une large majorité d’élus. Plusieurs incohérences et déséquilibres ont été pointés, alimentant les critiques sur la crédibilité des prévisions financières proposées.

Au centre des tensions, la forte augmentation des dépenses liées au cabinet du maire. La masse salariale qui serait passée de 1,8 à 3,2 milliards de FCFA, a suscité de vives réactions. Cette progression, représentant près de 10 % du budget global, est perçue comme excessive, d’autant plus que certains secteurs jugés prioritaires, comme la digitalisation des services municipaux, n’auraient bénéficié que de moyens limités.

Les conseillers ont également dénoncé un manque de transparence dans les recettes. La disparition de certaines lignes, notamment celles liées aux amendes de l’Inspection générale municipale, a alimenté les soupçons et renforcé la défiance. Au-delà des aspects techniques, ce rejet traduit une contestation plus profonde de la gestion actuelle de l’exécutif municipal.

Cette situation plonge la mairie dans une incertitude institutionnelle. En l’absence de budget adopté, la commune pourrait fonctionner sous le régime des douzièmes provisoires, limitant fortement les capacités d’investissement et retardant plusieurs projets structurants. Le ministère de l’Intérieur pourrait être amené à intervenir pour débloquer la situation.

Ce revers fragilise considérablement l’autorité du maire, désormais confronté à une majorité hostile. Derrière ce vote, les conseillers envoient un signal clair : ils exigent une gestion plus équilibrée, orientée vers les priorités des populations. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir de l’exécutif municipal et la gouvernance de la capitale.

Betines Makosso

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