Dans les localités de Nzomoé et Nyoniè, département du Komo-Océan, dans la province de l’Estuaire, aux larges de Libreville (littoral nord), les habitants doivent composer avec un défi majeur que constitue la présence des pachydermes dans leur environnement immédiat, au quotidien. Cette situation qui annihile particulièrement les efforts de développement des exploitations agricoles dans la région, souligne un conflit grandissant entre la faune sauvage et les communautés locales, qui dépendent essentiellement de l’agriculture pour leur survie.
Espèces protégés, animaux majestueux et emblématiques de la biodiversité gabonaise, les éléphants ne représentent pas moins une menace pour les cultures des agriculteurs locaux. Les champs de manioc, de maïs et d’autres cultures sont souvent dévastés par ces animaux en quête de pâturages.
Les habitants de Nzomo et Nyoniè, qui ont traditionnellement cultivé la terre pour subvenir à leurs besoins, se retrouvent dans une situation précaire.
Les agriculteurs rapportent que les incursions des éléphants sont de plus en plus fréquentes dans la région, ce qui les oblige à abandonner des parcelles de terres cultivables et mises en valeur. « Nous travaillons dur pour cultiver nos champs, mais chaque année, les éléphants détruisent nos efforts », déplore Charles Z., un agriculteur de Nzomoé.
Cette destruction n’affecte pas seulement la sécurité alimentaire des familles, mais a également des répercussions économiques, car moins de récoltes signifient moins de revenus.
« Nous faisons tout pour les éloigner de nos cultures, mais lorsque nous choisissons de planter près de nos maisons, ils viennent tout détruire. Que faire dans ce cas ? Comment allons-nous nous nourrir ? », s’indigne Cécile O., habitante de Nyonié.
Réguler durablement le conflit homme-faune
Les éléphants sont protégés par la loi, et leur conservation est essentielle pour l’écosystème. Cependant, les habitants de Nzomoé et Nyonié se sentent souvent laissés pour compte dans les discussions sur la protection de la faune. Des solutions doivent être trouvées pour permettre une coexistence pacifique entre les éléphants et les communautés locales, plaident-ils.
Les autorités locales commencent à explorer des solutions innovantes, telles que l’utilisation de clôtures naturelles et des systèmes d’alerte précoce pour prévenir les incursions d’éléphants, apprend-on. La situation qui prévaut à Nzomoé et à Nyonié, qui n’est singulière, est un rappel poignant de la nécessité d’équilibrer la conservation de la faune et les besoins des communautés humaines.
Alors que les éléphants continuent d’envahir les terres, les habitants espèrent que des mesures seront prises pour protéger à la fois leur mode de vie et la précieuse biodiversité du Gabon. La route vers une coexistence harmonieuse est encore longue, mais le dialogue et l’innovation peuvent ouvrir la voie à un avenir meilleur pour tous.
M.-O. Mignonne et Frida Dodo
