Le siège social de la Société d’énergie et d’eau du Gabon, situé au centre-ville de Libreville, a abrité jeudi le lancement officiel de la phase opérationnelle du partenariat stratégique conclu avec le groupe SUEZ. Près d’un an après la signature de l’accord initial, les deux entités entrent dans la phase concrète de mise en œuvre, avec l’ambition de transformer durablement le service public de l’eau au Gabon et de garantir une eau de qualité, disponible en quantité suffisante pour les populations.
D’une durée de cinq ans, couvrant la période 2025-2030, ce partenariat mobilise un investissement estimé à 132 milliards de FCFA. L’initiative s’inscrit dans la feuille de route triennale de la SEEG visant à répondre à l’urgence liée au stress hydrique, particulièrement perceptible dans le Grand Libreville et dans plusieurs centres urbains de l’intérieur du pays.

Le dispositif repose sur une collaboration étroite entre experts de SUEZ et référents de la SEEG, organisés en binômes. L’action s’articule autour de quatre piliers majeurs que sont la production, la distribution, la relation clientèle et le transfert de compétences.
Concrètement, le projet prévoit le diagnostic et la réhabilitation des installations, notamment l’usine de traitement de Ntoum, la recherche active de fuites, la sectorisation du réseau et le remplacement des conduites vétustes. Il inclut également la modernisation de la facturation, la lutte contre la fraude ainsi que la digitalisation des outils de gestion et la montée en compétences des agents gabonais.

« Il ne s’agit pas pour Suez d’interférer dans la gestion au quotidien de la SEEG, mais d’associer l’ensemble de toutes nos forces pour qu’on puisse arriver à des résultats les plus probants possibles » a rassuré Steeve Saurel Legnongo, Administrateur Directeur Général de la SEEG.
Au-delà des aspects techniques, les responsables des deux entités mettent en avant l’impact attendu pour les usagers. L’objectif est notamment de réduire les coupures d’eau et d’améliorer la pression au robinet grâce à une gestion plus performante et technologiquement optimisée du réseau de distribution.
Alexandre Duzan, Directeur Général de SUEZ, a souligné l’obligation de réussite en évoquant l’exemple du Sénégal où des méthodes similaires ont permis d’atteindre un taux d’accès à l’eau de 98 % à Dakar.« Notre but, c’est aussi de vous apporter tous nos savoir-faire dans des contextes qui sont parfois assez proches » a t-il déclaré avant de poursuivre plus loin « Nous n’avons pas le droit d’échouer ».
S’adressant aux quatorze référents gabonais chargés de piloter le projet, Steeve Saurel Legnongo a insisté sur la responsabilité collective. « Il nous appartient de mettre la main dans la pâte, pour que demain ruisselle une goutte supplémentaire d’eau et une goutte salvatrice pour sauver énormément de vies », a-t-il indiqué, ajoutant avec ironie : « Je pourrais enfin me débarrasser de mon seau et de mon gobelet rose ».
Par cette structuration du travail, les partenaires se disent désormais opérationnel pour transformer ces ambitions en réalités visibles le plus tôt possible.
Betines Makosso
