Alors que la communauté internationale se réjouissait, dimanche 8 mars, des droits des femmes, la mémoire de Martine Oulabou, a été honorée et sublimée au Luxembourg, où une ruelle portera symboliquement, en ce mois de mars, le nom de cette figure emblématique de la lutte syndicale au Gabon, décédée tragiquement en ce mois de mars, il y a 34 ans et dont le sacrifice a marqué l’histoire sociale du pays. L’information est relayée sur la plate-forme numérique ‘’Nzila Webzine’’, dédiée à la valorisation et à la promotion des talents artistiques, culturels, des créateurs et des entrepreneurs africains, rappelait à la mémoire collective gabonaise,
Le 23 mars 1992, âgée de 33 ans, elle participe à une manifestation syndicale pacifique dans les rues de la capitale. La marche est violemment dispersée par les forces de l’ordre. Touchée par une balle au niveau de la clavicule, Martine Oulabou est transportée d’abord à la clinique Chambrier, puis à l’hôpital de la Fondation Jeanne Ebori. Elle succombe à ses blessures le même jour.

Sa mort tragique a profondément ébranlé le Gabon. Elle a contribué à accélérer des réformes sociales et à sensibiliser l’opinion sur les revendications légitimes des enseignants, ainsi que sur les dérives de la répression lors des mouvements sociaux, alors que les revendications des enseignants s’expriment encore avec une résonance particulière.
Aujourd’hui, le nom de Martine Oulabou reste gravé dans la mémoire collective. Une école publique de Libreville porte son nom, l’École publique Martine Oulabou. Fait plus rare et symbolique, une rue a été baptisée en son honneur au Luxembourg, lors d’une initiative marquant la Journée internationale des droits des femmes, témoignant de la portée internationale de son engagement et de son sacrifice.
Née le 15 février 1959, Martine Oulabou était enseignante en classe de CE1 à l’École publique de la Sorbonne, à Libreville. Membre engagée du Syndicat de l’éducation nationale (Séna), elle militait activement pour la défense des droits des enseignants et l’amélioration des conditions de travail dans le secteur éducatif.
Martine Oulabou incarne le courage d’une femme qui a donné sa vie pour défendre des idéaux de justice et de dignité. Son parcours, trop souvent réduit à un nom, mérite d’être rappelé : celui d’une enseignante, d’une militante, d’une mère de famille fauchée à 33 ans, dont l’héritage continue d’inspirer la lutte pour les droits au Gabon et au-delà.
M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone
