La Société Financière Internationale (IFC), une filiale de la Banque mondiale et le gouvernement gabonais mettent la dernière main sur le cadre juridique qui permettra au Petites et moyennes entreprises (PME) gabonaises d’accéder au crédit notamment grâce au crédit-bail ou leasing.
« L’investissement productif reste souvent limité par des exigences de garanties difficiles à satisfaire. Le crédit-bail apporte une réponse concrète. Il permet de financer l’usage d’un équipement adossé à l’actif lui-même. En pratique, il permet aux PME d’investir, de produire et de créer des emplois tout en maîtrisant les risques », a expliqué Seva Payevskiy, Représentant Pays de l’IFC pour le Gabon.
Le crédit-bail est donc un mécanisme, alternatif différent du crédit bancaire classique. L’IFC et le Gabon tablent sur ce mécanisme pour favoriser l’accès aux équipements pour les entrepreneurs locaux.
Les représentants des ministères de la Justice et de l’Économie et les experts de l’IFC, ont ouvert les travaux de relecture et de validation du nouveau cadre juridique régissant le crédit-bail dans le pays.
Ce projet de loi n’est pas né d’hier. Il est le fruit d’un processus rigoureux entamé en 2021 avec le programme « Africa Leasing ». Jusqu’ici, le Gabon souffrait d’un vide juridique limitant l’essor de cet outil.
« Il ne s’agit pas d’une simple formalité. Il s’agit de relire, d’examiner avec rigueur, d’enrichir le projet de texte afin qu’il soit juridiquement robuste et économiquement pertinent. La confiance des acteurs dépend de la qualité des règles qui encadrent leur engagement », a indiqué Aristide Nyamat Bantsiva, Directeur de cabinet représentant le Ministre de la Justice, instant sur l’enjeu de la rencontre.
« Notre projet de loi apparaît comme un levier stratégique qui vise notamment à développer et structurer le marché du crédit-bail, à améliorer l’accès des PME au financement et à sécuriser juridiquement les opérations », a rappelé Serge Bertrand Abessolo, Conseiller juridique représentant le Ministre de l’Économie. Il a expliqué qu’il s’agit d’une réforme qui s’inscrit dans la vision de transformation structurelle portée par le Chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Au niveau mondial, l’IFC a investi une somme record de 71,7 milliards de dollars en 2025 pour développer le modèle du crédit-bail. L’implication de l’institution au Gabon est un gage de crédibilité internationale, estiment les autorités gabonaises.

Au Gabon, en apportant son expertise technique, l’institution aide le pays à s’aligner sur les meilleures pratiques mondiales. L’objectif étant de créer un marché attractif pour les investisseurs et offrir un environnement prévisible aux bailleurs.
Le texte examiné au cours de l’atelier de ce mercredi sera ensuite soumis à l’approbation du conseil des ministres avant son introduction dans le circuit législatif dans les deux chambres du parlement qui doivent l’adopter avant sa promulgation par le chef de l’Etat.
Mais la loi seule ne suffira pas. Pour que l’impact soit réel sur le PIB et l’emploi, le gouvernement et l’IFC prévoient déjà des actions complémentaires : création d’une association professionnelle des acteurs du crédit-bail, formation des opérateurs et actualisation du cadre fiscal.
L’ambition à terme est de faire en sorte que « demain, un entrepreneur gabonais puisse accéder plus facilement aux équipements dont il a besoin pour produire, innover et croître », a résumé Seva Payevskiy.
Betines Makosso
