Les femmes du département de l’Ogooué-Létili (Haut-Ogooué) se sont rassemblées ce weekend à la chambre de commerce de Libreville à l’initiative de la Vénérable Grâce Hilda Landimi Ndjeri épouse Abourou Obini, pour sceller un pacte d’unité. Sous le thème « La force collective résiste à la tempête : s’associer est un impératif pour bâtir solidement », elles entendent désormais peser ensemble sur le développement de leur localité.
Rompre avec l’isolement et transformer « Boumango », le chef-lieu, depuis Libreville : tel est le défi lancé par la sénatrice Grâce Hilda Landimi Ndjeri épouse Abourou Obini « ses sœurs ». Accompagnée de la vénérable Nelly Bondo du même département et de Sidonie Flore Ouwe, magistrate et présidente du « Salon de la Femme », l’élue a appelé à une remobilisation historique au-delà des clivages politiques.
Invitée d’honneur pour édifier l’assemblée sur les bonnes pratiques associatives, Sidonie Flore Ouwe a insisté sur l’éthique et l’impact social du regroupement. Pour elle, le succès repose sur des piliers non négociables :
« Pour réussir dans une association, il faut la confiance, la transparence, ça augmente le débit de crédibilité. Il faut un esprit de partage, il faut un leadership collectif ; une personne ne peut pas s’isoler pour prendre des décisions, tout le monde doit participer. L’avenir du Gabon passe par l’émancipation massive des femmes ; quand les femmes subissent, la société progresse ».
Elle a également souligné que ces structures sont des remparts contre la précarité : « Seules, on va vite, mais ensemble on va très loin ».

La rencontre a permis de définir une feuille de route claire pour l’association naissante, centrée sur le slogan : « Femme, bâtissons ensemble L’Ogooué-Létili ». L’ objectif immédiat est de recenser et de regrouper les forces vives résidant dans l’Estuaire. Il s’agit de « se serrer les mains » et de mettre fin aux divisions partisanes (UDB, PDG, Indépendants) pour privilégier l’identité départementale.
Bien que basées à Libreville (centre névralgique de l’administration), les membres vont élaborer des projets concrets pour Boumango et ses environs. L’idée est de passer du discours à l’action en évaluant les premiers résultats sous un à deux ans.
La vision finale est de transformer l’image du département. « Qu’est-ce que nous allons laisser à nos enfants ? », a interrogé la Vénérable, soulignant que l’unité est le seul levier pour améliorer les conditions de vie, notamment l’éducation et l’autonomisation économique.
La Vénérable a exhorté ses « sœurs » à devenir des « femmes bâtisseuses ». Pour elle, l’heure n’est plus aux lamentations mais à la responsabilité collective. « Il n’est plus question que la femme létilienne soit isolée, il n’est plus question que la femme létilienne fasse seule », a-t-elle martelé. « Je vous passe la balle au sortir d’ici, venez me dire ce que vous comptez faire. Les discours, c’est terminé ».
Betiness Makosso
