Les agents de l’Institut National de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication (INPTIC) ont officiellement déclenché un mouvement de grève le 27 Janvier après un préavis déposé depuis le 19, sonnant l’alarme sur des conditions de travail jugées insoutenables et une gouvernance en panne. Après plusieurs mois voire années de dysfonctionnements administratifs et financiers, le personnel exige des réponses claires et des actions concrètes.
Selon les agents mobilisés, la situation a atteint un point critique s’agissant de 8 mois sans versement de salaires ni primes, 4 ans sans paiement des vacations, 2 ans sans assurance maladie ni déclarations à la CNSS non conformes, absence de grille salariale et de bulletins de salaire et a bsence d’intégration à la fonction publique.
Ces lacunes, dénoncées par le personnel, s’ajoutent à un manque de transparence dans la gestion des ressources de l’institut. « 8 mois sans salaire : où va l’argent des étudiants alors qu’un étudiant paie 251 000 FCFA à l’inscription pour les nouveaux et anciens 151 000 , sans compter les frais de soutenance des classes de 2ème et 3ème? » s’interroge un employé vacataire soulignant le paradoxe entre les recettes perçues et l’absence de paiement des obligations sociales et salariales.
La colère à l’INPTIC survient dans un contexte plus large de tensions dans le secteur éducatif gabonais. Depuis la fin de l’année 2025 et au début de 2026, les enseignants du public ont mené des mouvements de grève de grande ampleur, paralysant de nombreuses classes à travers le pays.
Cette série de grèves illustre une crise sociale plus profonde au Gabon, où le secteur éducatif apparaît comme l’un des plus touchés par des retards de paiement, des problèmes administratifs et un manque de dialogue social. L’impact se ressent non seulement chez les travailleurs du secteur, mais aussi dans les salles de classe, avec des élèves privés d’enseignement et des parents inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants.
Le mouvement à l’INPTIC, bien que spécifique par ses revendications techniques, entre en résonance avec un clamor collectif pour la justice sociale, la transparence et la dignité du travail. Alors que les autorités éducatives sont appelées à réagir en urgence, les travailleurs continuent d’appeler à « une véritable réforme et à des actions concrètes», sous peine de voir la crise s’étendre davantage.
Fondé en 2010, l’Institut National Polytechnique des Technologies del’Information et de la Communication (INPTIC) est né de la volonté de créer un pôle d’excellence dans la formation aux métiers du numérique au Gabon.
Tryphene Lembah
