Le Syndicat national des enseignants et chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB), a officiellement déposé un préavis de grève, à l’issue d’une conférence de presse, tenue ce mardi sur la Campus de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville. Les enseignants-chercheurs et chercheurs réclament la résolution rapide de plusieurs dysfonctionnements d’ordre administratif et salarial, donnant un délai d’une semaine aux autorités avant une éventuelle entrée en grève.
Les interventions portaient sur plusieurs points jugés essentiels pour le fonctionnement de l’institution : informations générales; régularisation des situations administratives et financières des enseignants; paiement des vacations impayées; vacances de postes de responsabilité; fonctionnement de l’Institut des langues; port d’uniforme à la Faculté des sciences et autres conditions de travail.
Sur le plan informatif, le syndicat est revenu sur la réunion du 14 janvier 2026, présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Charles Edgar Mombo, ainsi que sur les démarches engagées pour l’ouverture de comptes bancaires et le renouvellement des cartes professionnelles et d’adhésion. Tout en reconnaissant le volontarisme affiché par le nouveau ministre, l’assemblée a insisté sur la mise en place rapide de commissions tripartites afin d’éviter les difficultés déjà rencontrées dans d’autres secteurs de l’enseignement.
La question des vacations impayées a constitué le principal point de crispation. L’assemblée a dressé un état des lieux préoccupant, avec des vacations impayées au titre des deux semestres de l’année universitaire 2022-2023 et du second semestre 2024-2025.
« À l’unanimité, les enseignants de l’UOB donnent une semaine aux autorités pour solder la dette des vacations : sinon, la grève », a déclaré le président du SNEC-UOB, le professeur Mathurin Ovono Ebé, qui était assisté de son Secrétaire général, au cours de cette conférence de presse.
Les postes vacants au sein de l’administration universitaire ont également été dénoncés. Le syndicat évoque une précarité administrative qui perdure depuis plus de deux ans. Sont notamment concernés un vice-doyen à la Faculté des lettres et sciences humaines, plusieurs directeurs de départements, le directeur de la scolarité centrale vacant depuis le décès de sa titulaire ainsi qu’un poste de vice-recteur laissé libre après une nomination au gouvernement. Le SNEC-UOB exige que ces fonctions soient pourvues sans délai.
Concernant l’Institut des langues, opérationnel depuis la rentrée universitaire 2025-2026 sans cadre réglementaire ni statutaire, l’assemblée l’a qualifié de « clandestin » et a appelé à l’adoption urgente des textes nécessaires. « L’assemblée a constaté que l’Institut des langues est fonctionnel depuis la rentrée universitaire 2025-2026 sans aucun texte réglementaire ni statutaire, déplorant l’absence d’espaces pédagogiques et administratifs dédiés, ainsi que les mésententes persistantes entre ses départements constitutifs, et invite les autorités universitaires à mieux penser le projet en y intégrant pleinement les parties prenantes concernées » a-t-il appuyé.
Dans le même temps, le syndicat s’est opposé au port d’uniforme imposé aux étudiants de la Faculté des sciences, qualifié de dérive, et en demande l’arrêt immédiat.
Sous la rubrique divers, les conditions de travail ont été jugées alarmantes. Des salles de classe insalubres, non éclairées ou fermées entraveraient l’application effective du système LMD, qui prévoit des enseignements de 8h à 21h. L’assemblée générale s’est achevée à 14h07, avant le dépôt officiel du préavis de grève auprès du recteur de l’UOB, puis du ministre de l’Enseignement supérieur.
Lu publiquement par le professeur Ovono Ebe, le préavis de grève comporte six revendications majeures : la mise en place d’une commission tripartite pour les situations administratives, le paiement intégral de la dette pédagogique de 2022-2023, le pourvoi des postes vacants, la régularisation juridique de l’Institut des langues, l’électrification de tous les espaces pédagogiques et l’arrêt du port d’uniforme à la Faculté des sciences. Tout en affirmant sa confiance dans la « sollicitude réputée » du recteur, le syndicat se montre ferme sur ses exigences, laissant planer la menace d’une nouvelle paralysie académique à l’UOB.
Darène Mabelle Ayingone & Frida Dodo
