Appels à la reprise des cours : Les enseignants font la sourde oreille

À Libreville comme à l’intérieur du pays, l’écrasant majorité des établissements publics sont restés portes closes, en dépit des appels à la reprise des cours et des mesures contrôle des présences lancées par la tutelle. De fait la mobilisation initiée par le Collectif SOS Éducation  »La base » demeure très largement suivie, confirmant la poursuite effective de la grève des personnels enseignants qui exigent la résolution intégrale de leurs revendications, avant toute reprise des cours.

Au lycée Jean Hilaire Aubame Eyéghé, dans le 6ème arrondissement de Libreville, le constat effectué par Gabonactu.com est sans équivoque. Dès les premières heures de la matinée, aucun enseignant n’était présent dans l’établissement. Seuls le personnel administratif ainsi que des éléments des forces de police étaient visibles à l’entrée du lycée.

Sur place, quelques parents d’élèves, venus s’enquérir de la situation, sont repartis sans réponses claires.« On nous avait dit que les cours reprenaient aujourd’hui. Je suis venue accompagner mon enfant, mais il n’y a aucun professeur. Personne ne peut nous dire quand les cours vont réellement reprendre », a confié un père de famille particulièrement dépité.

Les élèves, eux aussi, ont rapidement compris que la journée serait une fois de plus perturbée.« On est venus ce matin, mais comme il n’y a pas de professeurs, j’ai décidé de rentrer . Ça fait plusieurs jours que ça dure et on ne sait pas quand ça va finir », a déploré Hans, un élève en classe de 5ème.

c’est le même constat qui se dégage un peu partout, dans les principaux collèges et lycées de Libreville et Owéndo, particulièrement au lycée technique d’Owéndo (dans la banlieue sud de la capitale), aux collège et lycée Raymond Bouckat de Mindoubé 2 (5ème arrondissement); ainsi que des les lycées Nelson Mandéla, Léon Mba et Paul Indjendjet, tous dans le 1er arrondissement de Libreville, désertés par les enseignants.

Sur sa page Facebook, la ministre de l’Education nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq a publié des photos de sa visite à l’école publique de Nzeng-Ayong 2 et à celle de Montalier, dans le 6ème arrondissement de Libreville, se félicitant d’une« reprise progressive des cours ».

La tutelle avait a annoncé avoir échangé avec les Associations des parents d’élèves (APE), qualifiant les discussions de « fructueuses » et assurant que les élèves regagneraient progressivement les salles de classes. Une version des faits largement contredite par les observations sur le terrain.

Quelques clichés des surveillants présents ce lundi 19 Janvier et absence des élèves dans le bâtiments du Lycée @Gabonactu.com

Pour tenter de briser le mouvement, la tutelle avait instruit les Directeurs d’académie provinciale et les Chefs d’établissement de veiller à une reprise effective, allant jusqu’à brandir la menace d’inspections et de sanctions. Vraisemblablement sans succès.

Face à l’impasse actuelle, les syndicats d’enseignants téméraires, maintiennent leur mot d’ordre de grève et réaffirment leur exigence d’une médiation directe du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma.

En attendant, élèves et parents restent plongés dans l’incertitude, tandis que la crise scolaire menace de perturber durablement l’année académique 2025-2026.

Tryphène Lembah

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